Monologue dramatique écrit et mis en scène par Cécile Chatignoux, Céline Clergé et Laurène Cheilan, interprété par Céline Clergé.

’est l’histoire d’une petite fille, qui devient une femme, en passant par les bouleversements de corps et de cœur de l’adolescence. Une galerie de portraits et de situations, tous joués par la même comédienne : Céline Clergé.

Parler de sexe en évoquant Anne Franck, il fallait oser, Cécile Chatignoux, Céline Clergé et Laurène Cheilan l’ont fait dans "Sur le trait".

C’est surprenant, presque choquant tout en restant dans le décent. Le propre de "Sur le trait", c’est de se trouver en permanence sur une pente glissante, sans jamais tomber dans le vulgaire et même en étant drôle !

Céline Clergé joue, pendant 45 minutes cette petite-fille-adulescente, en traversant des périodes d’une vie féminine rythmée de "petits riens" tellement importants pour une femme : les 1ères règles, le 1er coup de foudre, le 1er rendez-vous, la 1ère sortie en boite… tout y passe !

"Sur le trait" a été composé à 3 voix, et cela se sent. C’est parfois un peu déroutant car la pièce est très décousue, dressant des portraits ou des situations un peu jetés à la volée. Coup de chapeau à la comédienne qui incarne sans fausse note l’enfant de début, mais aussi la femme fatale ou encore la fille qui se dispute avec sa mère.

Le public rit, souvent, éclate de rire même, lorsqu’elle imite l’ado au téléphone avec ses copines. "Non mais trop pas quoi", dit-elle… Et que l’on soit ado, maman ou même juste adulte, cette phrase résonne dans les esprits !

Couplé à ce texte qui fait mouche, la mise en scène est assez épurée. Des objets au sol, simulant le bazar d’une chambre d’enfant/adolescent, et une penderie… Sans doute pour laisser toute la place au jeu de Céline Clergé, qui réussit à habiter le plateau avec brio !

En plus d’être écrite avec subtilité, "Sur le trait" est une pièce de poésie contemporaine. Les silences y ont une place prépondérante, sans jamais être rompus trop tôt, ils ne pèsent pas, ils rythment l’ensemble. Céline Clergé s’arrête en effet parfois, pendant quelques secondes ou quelques minutes, laissant le public suspendu à ses lèvres.

Avec un coup de cœur pour l’avant-dernière scène, très longue, pendant laquelle la comédienne marche au ralenti, tout en enfilant des vêtements de femme et en dansant sur une musique pop. Sans mot, elle devient une femme.

 

Clémence Réach