L’homme est un artisan, de ceux que fait le Nord dans ses usines de confection. Il aurait pu être mineur également, un gueule noire, fière d’être humain.
Mais non. L’homme sera artiste, pas toujours compris dans sa démarche, il reste aujourd’hui l’un des novateurs les plus précieux de l’histoire de la peinture.
Esprit libertaire, Auguste Herbin (1882-1960) désire sortir la couleur de son carcan. Offrir aux regards des visiteurs bien autre chose qu’une simple succession d’appliques composant une réalité de ce que l’on croit "voir". L’artiste se débarrasse des a prioris pour offrir l’abstraction à notre vue.
L’abstraction comme "sublime" libération. "Toute l’action de la peinture" dit Auguste Nerbin "réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs".
Tout est dit. Herbin mène le public, l’homme curieux des avancées artistiques dans une œuvre faite pour l’homme. Comprenez qu’il y a chez l’artiste ce souci continuel d’observer, à travers sa peinture, la nature sociale. L’abstraction fait pleinement partie de ce langage. Langage de couleurs qui devient alphabet, notes de musique…
Il fallait que la ville Le Cateau-Cambrésis fasse honneur à cet homme qui fut avec Matisse le fondateur du Musée. L’exposition regroupe quelques deux cent œuvres (peintures, sculptures, gouaches, dessins). Une collection si importante qu’elle monopolise le premier étage et le rez-de-chaussée.
Un parcours unique.
La découverte de ce peintre mérite que l’on s’arrête dans cette ville qui l’a vu enfant et encouragé. Il en a profité le bougre en devenant à Paris l’un des fondateur de l’abstraction en France au moment ou le Constructivisme en Russie et le Bauhaus en Allemagne ouvraient des champs jusqu’à là jamais explorés.
L’aventure humaine ne faisait que commencer.
