1961. Cannes. Quelques films qui sentent déjà la fin d’un monde. Jules et Jim entourent Jeanne et courent à la recherche des impossibles équilibres qui voguent vers terres offertes pour vivre sans Exode.

Le cinéma de Cannes est à l’honneur en cette année 61 avec en Maître de Cérémonie Jean Giono. Le cinéma est en ébullition, il se sait sur la tangente. Est-ce pour cela qu’il y a un si grand nombre d’écrivains en habits de jurés ? 

Certainement.

Le verbe n’est pas encore sous l’emprise de l’image et pourtant en cette drôle d’année le 7ème Art n’arrive pas à surmonter les changements qui se profilent à l’horizon des salles. Cette drôle d’année célèbre, en France et aux USA, un score qui ne se démentira plus jamais. Pour la première année, les spectateurs de la télévision dépassent le public du cinéma. Le cinémascope et relief n’y feront rien, un certain cinéma se meurt à Hollywood.

Signe avant coureur, une année auparavant, Clark Gable avait tiré sa révérence avec l’élégance d’un Rhett Butler. Les statues idolâtrées se fissuraient. En cette année, loin de Cannes, une actrice est enfermée quelques temps dans une clinique psychiatrique à New York. Cette actrice que l’on croit à la dérive n’est autre que Marilyn Monroe. La dernière Star du cinéma.

Il faut donc tourner les pages du livre de Michel Schneider que vient de rééditer Folio pour ne pas oublier Marilyn.

Cannes 2012 s’enorgueillit de fêter son 65ème anniversaire avec une photo anniversaire en noir et blanc. Marilyn y souffle sur une bougie. C’est aussi l’année du cinquantième année de la mort de Norma Jeane Baker.

Sentiment troublant que cette affiche.

Il est préférable de lire "Marilyn dernières séances" et s’offrir ses flash back d’une vie complexe qu’accompagnera nombres de séances psychanalytiques. Le roman (Prix Interallié en 2006) est une œuvre cinématographique, une enquête cérébrale, un voyage dans la tête d’une star. Loin, très loin des poncifs biographiques que l’on nous injecte à hautes doses, le bouquin de Michel "Les Ensorcelés" de Vincente Minnelli.

Nous sommes les témoins d’un monde que l’on sait en fin de vie. Ce qui semble le plus étonnant à travers les écrits, c’est la détermination de Marilyn à comprendre son désarroi. A s’accrocher au-delà de la vie.

Dans la nuit du 4 au 5 août, la star est décédée. Ne trouvez-vous cela étrange, encore aujourd’hui encore, lorsque l’on parle de Marilyn, que ceux qui l’entouraient sentaient la décomposition d’un monde qu’ils pensaient figé dans le temps.

Lire le bouquin vous donne envie de vivre.