Le nouvel accrochage de Regards de Provence nous invite au repos. Pas celui de la oisiveté, où l’on baille de fatigue tellement on s’est assoupi en croyant se reposer.

Non, il s’agit ici avec les œuvres de Joseph Garibaldi, d’une approche sereine du "paisible". Il y a comme de la sérénité qui se dégage des toiles présentées.

Depuis le 10 mars, vous pouvez courir dans la lumière si particulière de Marseille découvrir l’exposition consacrée au peintre marseillais Joseph Garibaldi (1863-1941), qui, de par son thème principal, a été labellisée par les instances du 6ème Forum mondial de l’eau dans la capitale phocéenne. Rare sont les artistes qui se conjuguent au même temps que les préoccupations contemporaines. Il faut le souligner.

L’artiste est un capteur, homme de couleurs paisibles et sensuelles. Inspirations côtières qui longent le littoral en prenant parfois quelques chemins secrets pour plonger dans l’arrière pays. Le temps est là, suspendu au pinceau ou à la mine de crayon, au fusain. L’œuvre s’arrête pour mieux respirer, suspendu au regard du peintre.

Joseph Garibaldi parcourt le vieux port de Marseille, explore le littoral provençal, se perd dans le maquis corse. Fige l’instant de vie d’un marché, d’une ombre, d’une silhouette, capte le mouvement animal, son instinct découvert. La nature morte, comme si elle reprenait vie. L’art coule, comme l’eau de source chère à Manon.

Découvrir les toiles du Maître c’est plonger sans avertir dans un roman oublié de Pagnol. Le temps passe sans qu’il s’arrête. La lumière claque sur le reflet de l’eau, comme la terre hume la chaleur sèche. Les couleurs sont ici en harmonie avec le soleil. Tout comme d’ailleurs les ombres qui s'y rattachent.

Joseph Garibaldi est un artiste ancré dans la fidélité. Vous ne lui ferez pas prendre quelques avant-gardes pour autre chose que ce qu'elles représentent. L’artiste, en faiseur, comprenez homme de bien dans son savoir, a tout refusé de ce qui le détournait de sa vision. Tant mieux.

Une démarche intellectuelle qui honore la recherche intérieure. Car il peut s’agir de cela si la personnalité de l’artiste résiste aux tentations des représentations nouvelles. Et c’est le cas.

Il faut donc découvrir avec hâte et sans crainte un artiste qui a traversé les modes picturales sans y laisser le poil d’un pinceau. L’homme entier a su servir son art avec les honneurs. Voilà une exposition qui laissera le champ libre à l’interprétation du visiteur. N’est-ce pas ce que l’on demande ! Oser dans la représentation laisser au regard le vagabondage de l’imagination. A voir, 90 toiles et dessins de l’artiste.