Edgar Degas vous donne rendez-vous, jusqu’au 1er juillet 2012, au Musée d’Orsay, pour le frisson de votre vie.
Non qu’il soit question ici de légèreté (encore que le coup de crayon, la trace de pinceau soient à la hauteur des modèles présentés, tous en volupté) mais bien celui d’un regard qui entrouvre l’intimité. Le corps débarrassé de son enveloppe vestimentaire devient dans le naturel des poses : œuvre d’art.
Degas se n’y est pas trompé. Il n’est pas le seul d’ailleurs à fréquenter cette exposition que lui consacre le musée.
Une aventure sensuelle conjointement organisée avec le Museum of Arts de Boston. Une exposition qui a également bénéficié des riches fonds du Musée d’Orsay (rarement montrés). Il faut donc profiter de l’aubaine fait au visiteur, pour découvrir cet accrochage chronologique.
Sept espaces pour comprendre le cheminement pictural de cet artiste, déterminant dans l’avant-garde de la seconde partie du XIXème siècle. Un cheminement qui nous propose de découvrir la synthèse intellectuelle et artistique d’Egard Degas. Entre l’enseignement classique et son affranchissement. L’évolution du regard mais aussi de la silhouette, des mœurs qui courent sur 50 ans.
Au travers les peintures présentées c’est aussi celui des silhouettes que l’on illustre et qui se lovent dans l’admiration d’un Bonnard, Matisse, Picasso à ses débuts. Le corps de la femme est servi sans voyeurisme, dans son gestuel naturel, sujet central il offre à la nudité cette fragilité oppressante que l’on peut admirer dans des œuvres comme "Petites filles partiates provocant des garçons" L’hymne au corps, à la liberté mais aussi à la pudeur de la violence avec "Intérieur" aussi titré "Le viol".
L’univers est social, terriblement présent. Témoignage de la beauté et de la souffrance, du quotidien, de la composition. L’exposition nous propose bien plus qu’un simple abécédaire. C’est une vision globale que nous avons sous les yeux et qui franchit allègrement la frontière des écoles picturales.
Un demi siècle de témoignages. Il ne faudrait pas prendre les œuvres présentées comme étant indépendantes les unes des autres. La chronologie y est importante pour mieux comprendre à travers Degas le frémissement social du statut de la femme.
Edgar Degas vit sans académisme, tout au moins a-t-il laissé sur le chemin de sa création, une partie de celle-ci pour aborder en liberté d’autres territoires.
Il faut pas oublier naturellement que l’Artiste n’est pas seulement peintre et que la découverte de ses œuvres, pastels, dessins au fusain, et ses sculptures font intégralement partie de ses créations qui se conjuguent au même temps que l’accrochage de ses œuvres picturales. Un tout qui mérite le déplacement.
N’écoutez pas ceux qui pensent qu’une exposition doit avoir couler dans le formol. Statufiée dans l’espace. Il n’en est rien. Il n’y a pas de trop plein lorsque l’on est le nez dans les œuvres. Il n’y a pas d’accrochages "malencontreux". C’est justement ces juxtapositions du regard ce trop plein de plaisir qui nous fait envie.
