Le calme nocturne n'y peut rien. Les flash de lumières m'envahissent encore. De moîtes et Boum Boum pensées jouent et résonnent. Des ombres se bousculent et dansent dans une transe collective. Tout juste quelques heures auparavant, je me trouvais dans ces flash de lumière, dans l'antre du Boum Bou - illonnant Aéronef. Amon Tobin me court-circuitait délicieusement les tympans.

Devant la page blanche, je tente d'apprivoiser les flash de lumière. Par de légers mouvements saccadés, je m'élance pour vous livrer mes dernières observa-zoiiiiiing musicales. J'avance et recule dans les flash de lumières. Vibrante sous les Boum Boum en rythme, ma plume est hypnotisée. Elle paraît même quelque peu émoussée, hésitante en vérité. Faire couler de l'encre sur un univers inconnu est tout de même un exercice un peu Boum Boum dans la tête, relevant sûrement de l'inconscience. Alors, j'opte pour rendre ma plume légère comme ces flash de lumière qui n'ont cessé de me transporter tout au long de la soirée. Soit, je ne connais pas mes classiques de musique électro Boum Boum mais ce soir là, je vibrais comme la salle entière.

Au début, je ne cache pas qu'à mon excitation de découvrir de nouveaux sons se mêlait une forme d'appréhen-zoiiiiiing. Sur la scène, deux spots, une table de sampling, un Ma... Quel spectacle me réservait Lorn, la première partie ? Le jeune illinois entra sur scène et se jeta sur ses manettes pour entamer ses Boum Boum. Quelques flash de lumière par-ci par-là firent feu et sillonnèrent plafonds et murs... puis des bulles !?! - flash back de lumière : des allures d'aquarium, de soirées faussement Boum - je trouvais cependant un avantage considérable au spectacle. Pour une fois, je n'avais rien à envier aux autres têtes de plus que moi. Rien à voir de transcendant ! Je fermai donc les yeux pour apprécier l'univers sonore. Je ne saurai décrire la musique de Lorn telle une pointure électronique. Simplement, dans son esprit zoiiiiiing, j'imaginais ses drôles de flash de lumière. Cela devait vibrer à l'intérieur mais d'une noirceur considérable. Car tel un ogre du son, il écrasait de douces mélodies par des infra-basses édentées. Il leur tordait le cou. Je me déhanchais mais je suffoquais.

Amon Tobin comment en suis-je donc venue à toi ? Flash back de lumière mais cette fois dans une discussion pleine de verve avec mon prof de basse. "Après des villes pas possibles, il passe à Lille ! À l'Aéronef ! Son spectacle est terrible ! - Ok, je vais aller voir". J'avoue que je me suis demandée plusieurs fois et tout bas "le jeu de basse, dans la musique électronique. Tu n'es pas un peu zoiiiiiing dans la tête ? Elle n'est pas vraiment jazzy ou funky. Pas de slap, de groove… Ce n'est pas un peu rigide tout ça ?" Il doit vouloir me zoiiiiing la tête de ne pas avoir pu lui-même assister au concert.

Entre les têtes chevelues et amoncelées, je vis les rideaux s'écarter pour laisser entrevoir un amoncèlement de cubes blancs. Tétris ? Pas un peu Boum Boum lui aussi ? Quand tout à coup - pas de petits flash de lumière non ! - un spectacle hors norme se déclencha. Tout était finement ciselé. Un accord parfait entre le son et les images. De machines complexes, de gigantesques tours urbaines… une succession d'univers défilait. L'ensemble vibrait devant une foule en transe. Amon Tobin se cachait dans un des piliers centraux de la scène. Et parfois, on l'apercevait dans un jet de lumière, manipulant ses instruments tel un professeur fou. L'univers musical me fit revenir sur tous mes a priori de la première partie. Il faut dire qu'Amon Tobin est un voyageur et un voleur de sons. Ce n'est sûrement pas étranger à sa manière de composer, compiler, réaliser ses morceaux. ses samples en sont marqués : jazzy, empreints de chaudes musicalités mais aussi enigmatiques doux, fluides. Pas seulement du Boum Boum. Quelques secondes d'infra-basses bien choisies pour laisser passer littéralement un zoiiiiiiiiing dans tout le corps. Sur scène, le résultat en était captivant, délicatement vibrant.

Mes Boum Boum et mes zoiiiiiing s'estompent mais le pouvoir de la musique électro m'aura laissée une empreinte indéniable. Certes, elle m'a donnée longuement à réfléchir sur les infra-basses, à consommer avec modération ! J'ajouterai qu'il faut surtout prendre garde de consommer avec modération avant de les goûter, au risque de trop vibrer de l'intérieur. Du reste, ce concert m'aura ouvert un autre champs d'exploration musical. D'un univers a priori synthétique peut émerger un monde sonore complètement nouveau et enchanteresque.