Willy Vlautin, qui est également chanteur du groupe rock-country-americana Richmond Fontaine ce qui donne déjà une petite idée de son univers, appartient à la catégorie d'écrivains américains nés à la fin des années 60 qui n'ont pas pris le tournant du post-modernisme.

Il cultive la nostalgie des grands moments phare de la littérature américaine du 20ème siècle en syncrétisant le naturalisme de la lost generation et les mythes véhiculés par la beat generation.

Son dernier opus en date "Cheyenne en automne" est à cet égard symptomatique puisqu'il raconte l'adolescence pertubée d'un jeune garçon sans racines élevé sans beaucoup d'affection par un père instable et nomade qui court après les petits boulots.

Jeune héros innocent à la Mark Twain, il doit pratiquement survenir à ses besoins et trouve un emploi de palefrenier qui lui fait découvrir le monde pourri des courses et l'amour du cheval.

Tout s'emballe avec la mort accidentelle du père et un cheval destiné à l'équarissage. S'ensuit un road-trip en forme de cavale plus que prévisible pour tenter de retrouver une tante qui pourrait l'héberger.

S'ensuit un roman archétypal sur l'Amérique profonde et les grands espaces, les laissés pour compte de l'american way of life, descendants des pionniers de Steinbeck qui alimentent le sous-prolétariat américain, l'enfance difficile condamnée à la précarité, l'errance kerouacienne avec le cheval qui tient lieu de compagnon de route et les belles rencontres avec des marginaux qui partagent le peu qu'ils ont.

Le chemin est rude, la dérive guette en son bord, mais William Vlautin garde espoir et dispense une happy end pleine de promesses. Demain sera un nouveau jour.