Ce premier album d'Askehoug risque fort de rappeler les très excellents débuts d'Arthur H, en compagnie du Bachibouzouk Band. Pas seulement à cause de la belle voix grave, profonde et groove sans avoir l'air d'y toucher ; également à cause de son côté ludique, de son univers bancal, entre onirisme désabusé et poétique délire, dans un écrin souvent jazzy (quoique Askehoug, lui, n'a pas attendu de manquer d'inspiration pour explorer aussi d'autres univers, plus rock, plus pop, plus synthétiques...).
D'une écriture fine, le chanteur impose une singularité cultivée et délicieuse, à défaut d'être totalement nouvelle (on a cité Arthur H, on pourrait également convier Rodolphe Burger à ce débat-là). C'est bavard, littéraire et fun – de quoi passer par-dessus bord l'idée d'une chanson française intello et poseuse, en bref. L'écoute des douze pistes de l'album laisse surtout clairement l'impression qu'Askehoug est l'un de ces artistes qui donneront leur pleine mesure sur scène, en prise directe avec le public, indispensable partenaire de telles divagations musicales.
Le très bon premier album d'un artiste à suivre attentivement.
