Comédie musicale conçue par Leana Durney et Davide Autieri, mise en scène de Frédéric Mairy, avec Leana Durney et Davide Autieri accompagnés au piano par Guy-François Leuenberger.

Voici l'idée des auteurs : l'Opéra au Café-Théâtre ou comment faire descendre le Lyrique dans la rue.

Sur cette idée très généreuse - l'art au service du plus grand nombre - Davidé Autiéri et Léana Dyrney ont conçu "L'Opéra dans tous ses états", un spectacle parodique, en forme de scène de ménage, aux séquences ponctuées d'extraits de grands airs d'opéra et d'opérettes (Don Giovanni, Le Barbier de Séville, Phi-Phi etc).

Le décor est basique, facile à glisser dans une malle d'osier à étiquettes, la tenue de ville est de rigueur, la qualité des voix au rendez-vous.

Ces jeunes Suisses en tournée font étape à Paris, seule ville au monde à posséder deux opéras nationaux, et ce sont de joyeux drilles, tout feu, tout flamme, qui vont réveiller notre supposée torpeur (bien que l'accent suisse, ici, ne soit pas symbole de frénésie) et n'ont pas froid aux yeux. Ah mais !

Le baryton David Autiéri est, certes, un bon chanteur irréprochable, un peu moins au point quant à la comédie, mais n'est-ce pas une faiblesse courante dans sa corporation (il l'avoue lui-même) ? C'est une chose de faire le pitre en répétition et de faire rire, avec précision, sur une scène exigeante. C'est l'art de la Comédie. Cela se conçoit avec soin, angoisse et précision. Alors, n'est-ce pas un peu tôt, ici, pour se frotter à Paris ?

Léana Durney est une ravissante chanteuse, très douée, bougeant bien, qui a beaucoup travaillé la gestuelle et relève le niveau du spectacle. Elle traverse la trivialité des situations avec charme et résistance et accapare les applaudissements.

Mais la palme de la dignité revient au pianiste, Guy-François Leuenberger, excellent musicien, qui tourne le dos au public et affronte cette heure inégale avec une formidable présence et une qualité d'interprétation notable.

L'impression générale, après ce spectacle, est que la parodie est usée jusqu'au trou. Il faudrait concevoir une parodie de la parodie. On aime ou on n'aime pas l'opéra. Et vulgariser et être vulgaire sont deux choses opposées. Bah ! Ces jeunes gens voyagent et apprendront.

Cet essai amènera peut-être, après réflexion, à un spectacle plus abouti, qui trouvera sa forme.