Comédie dramatique de Frédéric Vossier, mise en scène de Jean-François Auguste, avec Thibault Lacroix, Pauline Lorillard, Anthony Paliotti et Jacques Pieiller.

"Ciel ouvert à Gettysburg". Pièce contemporaine. Auteur né en 1968. Il n'y aura plus de grands récits, annonce Frédéric Vossier. Ce n'est plus possible, non vraiment.

Alors, commence l'action : deux hommes, l'un, en smoking, les yeux bandés, l'autre en costume trois pièces "décomplexé". Sur un écran, des diapositives d'effeuilleuses. L'homme débandé commente. L'autre s'acharne.

On pense à "Orange mécanique", bien sûr. Que voit-il ? Pourquoi ne voit-il pas "ça" ? L'homme élégant finit en slip, laissé à ses phantasmes. Le questionneur disparait. Une créature mythique emmène l'homme en slip devant une vitrine: il pourra voir et entendre ses ébats et débats avec un vieux capitaine en blanc, naufrageur de quelque "Concordia", virilité posée sur le flanc. Tout est corrompu. Le capitaine, c'est peut-être Dieu ou un philosophe de l'Antiquité venu s'encanailler dans cette époque du "plus possible, vraiment". Cette époque si intelligente et tellement indépassable, n'est-il pas ?

Le metteur en scène, Jean-François Auguste a reconstitué ce Pigalle en salle avec imagination. Les comédiens Thibaut Lacroix, Jacques Pieiller et Anthony Paliotti sont excellents et Pauline Lorillard envoutante. Ils donnent tout, avec leur talent, offert, à nu.

Pourquoi Gettysburg, champ de bataille du Nord et du Sud ? Peut-être est-ce le champ de bataille intime d'un auteur étrange, non sans talent et qui découvre le besoin de domination de l'homme (et de la femme, quand elle dispose des leviers) avec effroi et désir.

Pièce contemporaine. Et après ?