A la Maison Européenne de la Photographie, 20 tirages ponctuent 20 années de photographie pour le photographe nancéien William Ropp.

Une étape pour celer un travail en noir et blanc, qui a récemment cédé le pas sur la couleur. Le sujet, la figure humaine, le corps énigmatique, le corps morcelé, parfois monstrueux, qui inspire des images provoquées, inespérées, magiques, sublimées, d'une chair qui s'expose mais qui ne se livre pas le mystère de l'âme..

S'étant lui-même qualifié "le sculpteur d'ombres", William Ropp travaille sur la lumière en plongeant les corps dans l'obscurité pour tenter d'approcher voire de révéler l'invisible.

Les révélations de William Ropp

La plupart des photographies exposées fonctionne sur le mode apparition-disparition.

Alors que la femme voilée, éclatante, semble jaillir hors de papier, visage en 3D avec un traitement du grain qui lui confère une texture de marbre, les figures voisines semblent se déliter en évoquant la photographie spirite.

Un homme terrifié n'est plus qu'un cri, déclinaison argentique du tableau emblématique de Edvard Munch, et de la bouche d'un être spectral semble sortir un halo fluidique.

William Ropp utilise également la photographie comme médium d'expression d'artistique d'une manière très proche de celle des photographes Man Ray et André Kertész.

Une esthétique sombre, expressionniste pour certains clichés, d'obédience surréaliste pour d'autres, préside à l'élaboration d'images spectrales, d'anamorphoses et de métamorphoses pour recomposer un corps de manière picassienne.