Remettant trois ans avant tout le monde le rock à guitares au goût du jour en France, Montecarl, fut sans conteste la révélation hexagonale de l’année 1998.

Malheureusement pour le groupe de néo-garage chic parisien, le split intervient avant d’avoir pu donner suite à leur unique album, Quatuor Sonique, à ranger parmi les disques majeurs de rock français des années 90.

Hervé Bouitard et Stéphane Salvi s’en vont ensuite rejoindre l’écurie Tricatel pour accompagner Bertrand Burgalat avant de voler de leurs propres ailes au sein d’AS Dragon. Tête pensante de Montecarl, Philippe Uminski se lance de son côté dans une carrière solo en publiant un premier disque éponyme en 2002.

Désireux de changer de cap, les riffs acérés sont mis au placard au profit d’ambiances plus mélancoliques, quelque peu déroutantes de prime abord. Considéré par son auteur comme un faux pas ce premier opus précède de quelques mois un six-titres rectificatif Sauvage, comme pour marquer la renaissance de l’ex-chanteur de Montecarl.

A l’heure où tout porte à croire qu’Uminski va prendre au passage le mouvement revival actuel, voici que paraît enfin son nouvel album au titre évocateur Sain Et Sauf comme pour mieux signifier ce second départ (impeccablement retranscrit sur Rock’n Roll en ouverture).

En apparence, rien ne semble avoir changé pour Uminski à la vue des références ancestrales ornant le livret (Music Machine, Brian Wilson, copies de billets de concert pour les Seeds ou JSBX) mais pourtant ce dernier se montre nettement plus influencé par QOTSA voire Marilyn Manson que par les Buzzcocks, Cynics ou autres Affreux, Sale Et Méchant, Teenage Music.

Au milieu de ce déluge d’électricité, certains titres atypiques sortent du lot : "Joey Starr" ode à l’ex-rappeur de NTM, plus rock que de nombre de rockers, ainsi que "Viva La Muerte" porté par son meilleur riff depuis celui de Wild Wild Girl. Réalisée l’an passé, la reprise ultra efficace du "Harder, Faster, Better, Stronger" de Daft Punk figure également au menu tout comme "Gimme Some Truth" superbement dépossédé de Lennon.

En résumé, à l’écoute de ce Sain Et Sauf, l’auditeur ne peut qu’être définitivement rassuré sur Philippe Uminski, lequel vient de signer le grand disque rock tant attendu chez nous.

Royal.