Dans le cadre de la semaine de la Solidarité Internationale, le Fil a accueilli un événement : Scènes du Sud, Scènes du Nord...

Pour le Sud, nous voyageons au sud de l’Amérique, au Brésil précisément avec la troupe Pé No Chao. Pour le Nord, nous avons le plaisir de découvrir un groupe de danseurs stéphanois.

Un spectacle comme celui-là est le genre d’évènement qui participe à l’ouverture d’esprit. Ouvrons les portes de la soirée Solidarité internationale...

Magie Noire

Coproduction compagnie Ophélia Théâtre (France, Isère / organisatrice du FITA Rhône-Alpes), o Grupo Pé No Chão (Brésil, Recife) et Actée-Théâtre (France, Lorraine). Mise en scène et dramaturgie : Laurent Poncelet.

Un mec bourré hurle dans les gradins, en je ne sais quelle langue. Quelques trouble-fête en font de même et viennent foutre le bordel dans le public. Bouteille de rhum à la main, ces manants titubants abordent les spectateurs pour les convier à danser. Mais que fait la sécurité ? Et bien, voilà ce qu’on appelle le choc des cultures. Cette ahurissante intervention est tout simplement le prélude d’un spectacle vivant auquel nous n’avons pas l’habitude d’assister. Du coup, cela attise la curiosité.

Le public stéphanois découvre un décor aux couleurs des favelas. La magie de Pé No Chao se présente à nous au travers d’une dizaine de jeunes gens au teint halé qui tortillent leurs corps huilés (et musclés) au rythme des musiques sud-américaines. Ils utilisent magnifiquement l’espace et nous plongent dans les rues de Sao Paulo, de ses petits boulots, de ses histoires d’amour… Mêlés à cela, des coups de gueule, des scènes de violences entre gangs enrobées de pirouettes capoeiristes. Une histoire tourbillonnante, dont je vous laisserai le plaisir de découvrir l’intrigue.

Les protagonistes se nomment Farpado (qui signifie Fil de barbelé), ou encore Comeia (face de ruche). On note la prestance de jeunes filles à la beauté exotique. Leur spectacle est débordant d’émotions, de réflexion, de diversité. Sur scène, les percussionnistes appellent à la transe. De la danse, des cris, des rires, des coups, des étreintes… De l’art pur dans une réalité dure. "Une balle dans son corps, une si petite balle et d’un coup plus rien". D’un souffle, faire voler un sac plastique dans les airs, devient artistique. Le moindre objet fait vent de poésie et peut très vite laisser place au drame. Une prestation vraiment remarquable, qui nous fait voyager.

De la rue à la scène

Chorégraphie collective MELTING FORCE.

Melting Force, ou comment adapter l’art de la rue à la scène ? Ce groupe de danseurs est unis par les liens forts du hip-hop. Avec des mouvements de scène de droite à gauche, ils emballent d’entrée de jeu leur public. Dans le but d’obtenir des soutiens, ils racontent un peu leur histoire, comment tout a commencé. Ils vont frapper à toutes les portes pour présenter leur projet et essuient bon nombre de refus, jusqu’au jour où une porte s’ouvre…

L’enchainement entre leur live et les vidéos est intéressant. Parfois, ils se retrouvent spectaculairement la tête en bas, dévoilant quelques tablettes de chocolat. Six danseurs qui ont mangé des barres énergétiques. De leur spectacle se dégagent une réelle motivation, une grande envie de faire partager leur univers. On assiste à des battles de haut niveau. Toutes les disciplines de leur art y sont représentées avec un filet d’humour.

Melting Force rend le hip-hop accessible à un large public et c’est appréciable. Les Supporters d’Artistes Good Vibes attendent avec impatience l’édition 2012 de Scènes du Sud, Scènes du Nord...