Comédies de Carlo Goldoni, mise en scène de Alain Françon, avec Anne Kessler, Éric Ruf, Bruno Raffaelli, Florence Viala, Jérôme Pouly, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Michel Vuillermoz, Elsa Lepoivre, Hervé Pierre, Adrien Gamba-Gontard, Georgia Scalliet, Adeline d'Hermy et Danièle Lebrun.
Rien ne sied mieux à ce "théâtre éphemère" construit près des jardins du Palais-Royal, pendant les travaux de la salle Richelieu, que cette "Trilogie de la Villégiature" de Carlo Goldoni, qui évoque l'été, la forêt et le démontage des illusions.
Deux familles se lancent dans la vie du Grand monde : l'usure les y aidera. Pendant cet été d'insouciance, les cigales s'aimeront entre elles. Au retour, les huissiers attendent à la porte. Malheur à ceux qui ont l'air d'être riches sans l'être...
Pour cette entrée au répertoire, Alain Françon a signé une belle mise en scène classique, avec des costumes chatoyants : c'est la tendance du moment. Adieu, déconstruction, interprétation contemporaine en veston. Avec une "Ecole des femmes" superbe et cette "Trilogie", la beauté revient en force et le Français est du complot.
Les comédiens, l'élite de l'élite, peuvent se déchaîner et nous émouvoir. Anne Kessler, sublime, Eric Ruf, léonin, Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Jérôme Pouly et l'exquise Danièle Lebrun, recrue du meilleur crû, scintillent de tout leur talent et de toute leur passion. Guillaume Gallienne tire aussi son épingle du jeu.
La pièce est longue mais la traduction de Myriam Tanant est légère, sans trivialité ni démagogie. On sourit, rit, pressent l'orage, aux lourds nuages qui s'amoncellent. La mise en scène déploie, à chaque transition, sa subtilité et prouve la pertinence de ses choix. Du grand Françon.
A travers temps et tempêtes, l'ère Mayette tire cette maison vers le haut. La Trilogie le prouve une nouvelle fois, avec éclat.
