Que serait la vie sans art ?
Pendant la seconde guerre mondiale, en France, des hommes sauvent de la barbarie ambiante des pans entiers d’humanité : de tous les musées de France, ils sortent les œuvres d’art, en douce, pour les mettre à l’abri.
Ils traversent la France en guerre à bord de camions bringuebalants, se relaient, prennent des risques invraisemblables, mettent leur vie en jeu pour sauver le sublime.
N’imaginez surtout pas que ces utopistes magnifiques soient des hommes extraordinaires. Non, évidemment. Ils sont des hommes comme les autres. Alors forcément, et en dépit des consignes, quand ils croisent sur une route de notre belle campagne une femme seule, qui marche, pieds nus, ben… ils la prennent dans le camion. Parce qu’il faut aussi sauver les humains.
On découvre une communauté d’hommes et de femmes simples, juste habités par la certitude têtue, que si il y a quelque chose à sauver de cette folie, c’est l’art. Et que pour que l’art vive, lui, il faut qu’il prenne l’air.
Ce livre, plus proche dans son format de la nouvelle que du roman, je l’ai lu comme on déguste un bon vin ou un mets exceptionnel : avec respect, plaisir et certitude de vivre un instant magique.
