Merci Martine !
La Metallique est un petite usine de la banlieue parisienne. Les 35 heures sont accueillies "fraîchement". "Ces maudits gauchistes veulent notre mort" fulmine Monsieur le Président, "mais je ne me laisserai pas faire". Mais il faut arriver à un accord et ça ne se goupille pas exactement comme prévu par Monsieur le Président et ses arpètes.
Les actionnaires s’énervent, font pression, activent ceux des petits cadres de la direction qu’ils gardent en réserve de la République, le chantage et les magouilles vont bon train, les représentants syndicaux se prennent pour des leaders et ce qui doit arriver… Grève !
Et chacun se révèle dans l’épreuve, les amoureux transis, les couards déguisés en grande gueule, les héros, les salauds et pour calmer le jeu… on fait appel à un consultant en ressources humaines, spécialisé dans la résolution de conflits. Détail curieux : il a un peu le Katana en bandoulière. Bizarre.
Muratet, vous l’aurez compris est un homme doté de convictions politiques. Il décrit le monde de l’entreprise de façon captivante – ce qui est une gageure pour tous ceux d’entre nous qui y passent 7 heures par jour. Son écriture nerveuse, précise, vous emporte dans une histoire haletante, grâce à des personnages attachants autant par leur jusqu-au-boutisme que par leurs faiblesses.
Petit détail amusant d’ailleurs, entre son premier ouvrage "Le Pied Rouge" (dont je vous parlerais dès que l’enfoiré qui me l’a emprunté me l’aura rendu) et celui-ci, son éditeur a carrément édulcoré sa biographie : de militant de gauche, engagé et actif et également membre d’un groupe de rock qu’il fut dans sa prime jeunesse, on ne parle plus, Muratet est benoîtement devenu prof d’histoire-géo en banlieue…
Apparence quand tu nous tiens !
