Je déteste me faire des a priori sur un concert en observant le public. Mais ce samedi 2 décembre 2011, celui de JoeyStarr ne me laisse pas vraiment le choix. En effet, en arrivant à l'Aéronef, je vois beaucoup de têtes de quarantenaires (au bas mot) accompagnés de leur progéniture (des gens qui ne laissent pas trainer leur fils donc). Je commence à m'inquiéter légèrement et essaie de m'imaginer dans trente ans aller à des concerts de rap avec mes potentiels enfants habillés ghetto-mignon. Cette idée me déprime au plus haut point et je fonce au bar une fois rentré dans la salle. J'attends en pass passant les oinjs vu qu'il y a du monde sur la corde à linge.
La première partie commence sous les meilleures auspices puisque brutale et énergique. Le public semble apprécier. Je me lasse malgré tout assez vite, ne trouvant pas assez de dynamique à l'ensemble ceci sans doute à cause des instrus plutôt faiblardes. Le son n'est pas mauvais et les basses font trembler toute la salle. Le set s'éternise et de plus en plus de personnes sortent fumer des clopes dehors.
Tout le contraire du set de JoeyStarr qui commence par les habituels hurlements depuis les coulisses. Une manière de faire monter la tension qui explose avec l'entrée en scène sur "J'arrive". Le son est énorme et rend parfaitement justice à la puissance vocale du "Jaguarr Gorgone". Le public se prend un rouleau compresseur en pleine tronche et rien ne semble pouvoir l'arrêter.
Les anciens et nouveaux titres s'enchainent parfaitement grâce à un trio de dj exceptionnel (Kimfu, Cut Killer et Naughty J) et le temps passe à une vitesse folle. Un intermède casse un peu la dynamique de l'ensemble mais le retour sur scène de JoeyStarr relancera le truc comme si de rien n'était. Intermède à base d'invective en direction du nabot présidentiel et de Doc Gyneco, puis retour des basses uppercut (la puissance qui se dégage de l'ensemble secoue le public comme Mike Tyson secouait ses adversaires).
Passage par un medley de NTM, histoire de nous rappeler rapidement qui est en face de nous (et aussi pour nous rapeller de pas oublier de foutre nos gilets pare-balles à base de popopop), puis tout le monde disparait. Retour rapide et fin de concert apocalyptique avec "Carnival" qui foutra l'Aéronef la tête à l'envers. On peut regretter un concert un peu court mais je finis sur le genoux, avec le larynx en sang. En conclusion, JoeyStarr lâchera ces paroles définitives en désignant son t-shirt trempé de sueur : "Si on te demande comment c'était, tu leur diras ça. J'ai la chatte qui colle".
