Il y a quelques mois, au festival MOFO, j'ai assisté au concert des Vaselines. J'en garde un très bon souvenir, une véritable candeur, une simplicité non altérée par les années (ils ne sont plus si jeunes !).

A la première écoute de cet album de Veronica Falls, j'ai ressenti à peu près la même chose. Quel plaisir d'écouter des chansons simples, aux mélodies efficaces, jouées avec enthousiasme sans emphase ni prise de tête !

La joyeuse troupe de petits scotts (Roxanne, Clifford, James et Patrick, les présentations sont faites) s'en donne à cœur joie pour nous abreuver de mélodies pop et d'harmonies bien senties. Le chant à deux (voire plus) voix, le côté noisy des guitares, les rythmiques très punk pourraient tout à fait faire d'eux un rejeton plus mélodique et plus surf des Pixies (oui je sais, la comparaison est un peu osée, mais bon…). En effet, ne nous y trompons pas, Veronica Falls ne se contente pas de nous abreuver de chansons pop ensoleillées fussent-elles jouées à 120 Bpm. Le groupe nous propose bien mieux que ça !

Dans leur encyclopédie de la musique rock, les jeunes écossais ne se sont pas arrêtés aux années 60, leurs mélodies ensoleillées et leur esprit surf reverbéré. Si cet aspect est très présent sur le disque (notamment sur des morceaux comme "Misery", "Stephen", "The Box"), le groupe nous présente aussi son côté sombre, plus étrange. Ainsi les couplets de "Found Love in the Graveyard", "The Fountain", "Bad Feeling", ont un petit côté dérangeant, voire gothique.

Quelques chansons abordent également un versant plus mélancolique, surtout sur la fin du disque. Le morceau qui donne le titre à l'album (éponyme, quoi !) abandonne presque complètement le côté sucré pour basculer vers une pop plus ombragée, à la tristesse adolescente qui, personnellement, me fait penser aux Field Mice. La toute fin de la dernière chanson, "Come on Over", est d'ailleurs dans la même veine.

C'est finalement cette complexité discrète du propos qui empêche l'auditeur de se lasser de la formule déclinée sur les douze morceaux du disque. L'ennui ne gagne jamais même sur quelques chansons un peu plus faibles que les autres (on pense notamment à "All Eyes on You" où le groupe ne se foule pas, ni sur la mélodie, ni sur les paroles : "It's all over / Tell you sister, tell your brother / There's another / Tell your father, tell your mother").

Au final, si Veronica Falls a pu être un temps rattaché à une mouvance qu'on pourrait qualifier de néo-surf (je pense à des groupes comme Real Estate, Beach Fossils ou Widowspeak), ils s'en détachent très certainement par la qualité mélodique de leur chanson et la maîtrise impressionnante affichée tout au long de ce premier album. Un seul mot de conclusion me vient à l’esprit : bravo !