Jean Ferrat est mort depuis un an et demi. C’est le seul artiste français dont les funérailles ont été retransmisses en direct à la télévision. Ce seul fait souligne sa popularité. Depuis son décès, les livres biographiques fleurissent et Nelson Monfort et Philippe Lorin proposent eux aussi, au public, leur opus consacré à la vie du chanteur.
Jean Ferrat : Aimer à perdre la raison (aux éditions du Rocher) est un bel objet : grand format, papier glacé et surtout très jolies aquarelles. Ces dessins sont le point fort de ce livre ; elles lui permettent de se distinguer des autres biographies qui ont préféré l’écrit aux images. Ici, l’existence de l’artiste est commentée par de nombreux dessins très réussis, qui cohabitent de manière égale avec le texte. La vie de Ferrat est évoquée en grandes lignes, chronologiquement. Le lecteur y découvrira Ferrat-l’enfant meurtri, Ferrat-l’artiste fauché des cabarets, Ferrat l’engagé, Ferrat l’amoureux de la poésie, de ses épouses et évidemment de sa montagne. Ferrat aimé, Ferrat aimant. Quelques minces extraits de chansons sont aussi clairsemés au fil des pages.
Nelson Monfort dresse un portrait assez juste de l’artiste en choisissant, notamment, de ne pas dissimuler ni d’amoindrir son militantisme au côté du Parti Communiste Français. Il n’omet pas non plus de citer ceux qui lui ont refusé l’accès aux médias.
La vie et l’œuvre de Jean Ferrat sont ébauchées, résumées à l’essentiel. Pour les fans évidemment, cette petite centaine de pages risque de sembler trop succincte. Ils n’apprendront certainement rien sur le chanteur, n’auront aucune révélation. Pour les novices, ce livre est, en revanche, un joli point de départ pour le découvrir. De cette présentation belle et efficace naîtra peut-être l’envie d’en apprendre davantage sur Jean Ferrat, d’écouter son oeuvre et de partager le sourire énorme et généreux de cet artiste si simplement exceptionnel.
