One musical show de Julie Victor accompagnée par Jeremy Jouniaux et Dominique Mabille dans une mise en scène de Etienne de Balasy.

Elle fait son entrée sur scène avec "Smile" de Nat King Cole et se présente, pour de faux, comme venant du pays des érables et des caribous avec un accent à couper à la hache. Et ça peut le faire avec ses cheveux roux orange et sa voix à détrôner l'épouse du Roi René.

Mais Julie Victor est française, comme quoi tout est possible de ce côté de l'Atalantique. Jolie, pétillante, à l'aise sur scène dans son corps, une belle plastique, et dans son art, une voix superbe qui a plus d'une corde à son arc, elle dispense un "One musical show", spectacle hybride composé donc de chansons et de micro-sketches, bien construit et divertissant qui met en valeur ses multiples talents.

En une heure pétante et accompagnée en direct live par Jeremy Jouniaux au piano et Dominique Mabille à la basse, dans une mise en scène de Etienne de Balasy qui mise judicieusement sur l'énergie, le rythme et la nature comique de la demoiselle qui révèle également un tempérament de meneuse de revue, cette comédienne qui a suivi une vraie formation au chant livre une prestation étourdissante.

Fregoli musical, elle y explore avec brio et une voix modulable à l'envi tous les registres musicaux, du lyrique à la variété en passant par le jazz et la chanson à texte, parle avec humour de son parcours qui l'a menée sur les planches avec une prédilection pour la comédie musicale ainsi qu'à faire des voix pour la publicité et, en deux coups de cuillère à pot et un sourire de connivence, taille un costume pour l'hiver à certaines pseudo-chanteuses.

Tout s'enchaîne sans fausse note jusqu'au rappel aussi inattendu que scotchant avec "La tendresse" qui fut chantée par Bourvil qui confirme une belle révélation.