Derrière Constance Amiot, il y a Emmanuel Da Silva, mieux connu à la scène sans son prénom. Derrière Once, Twice, il y a La tendresse des fous (2009) de celui-ci, dont il a confié l'adaptation à celle-là. Le projet est original et à ce titre mérite notre attention : réécrire intégralement un album, d'une langue à l'autre, en revoir les arrangements, les mélodies, laisser un autre interprète se le mettre en bouche, jusqu'à lui donner son prénom propre.
Malheureusement, tous les projets originaux ne sont pas des réussites. Il aurait été beau que l'album de Constance, avec recul, liberté et par un sens du challenge bien mesuré, ait su dépasser son original, comme savent parfois le faire certaines reprises, respectueuses iconoclastes, pour la plus grande beauté de la création. Il aurait été courtois que le remake se tienne juste un ton en-dessous de l'original. On doit bien cela à ses modèles. Mais il est décevant de sentir tant d'application, un peu raide, un peu vaine, dans l'adaptation. Jusqu'à l'accent anglais de Constance, qui n'a rien de naturel, et pourrait avoir valeur de synecdoque quant à la pertinence réelle de son entreprise.
Il semble manquer à tout cela le souffle d'une inspiration, tout simplement. Comme quoi, il ne suffit pas de savoir saisir les occasions immanquables lorsqu'elles se présentent... Une curiosité à réserver aux fans de Da Dilva, strictement.
