Comédie écrite par Isabelle Candelier, Loic Houdré, Patrick Ligardes, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz et Rémi De Vos, mise en scène de Didier Caron, avec Didier Caron, Marie Hélène Lentini, Didier Constant, Jean Fornderod et Xavier Letourneur.

En 1997, une bande de copains inspirés par le style de la bande du Splendid et l'iconographie des Deschiens, jeunes comédiens qui s'étaient, pour la plupart, connus sur le banc du CNSAD à la fin des années 80 et qui, depuis, se sont orientés vers d'autres registres, se sont boutiqués avec les ficelles éculées du comique de l'accent, du bons sens rural face à l'obséquiosité de la ville et des gentils bas du front au verbe haut et au vocabulaire pauvre, une partition comique sur mesure dans laquelle il faut voir une mise en abîme du théâtre.

Considérant "André le magnifique", qui connut un succès considérable au point d'être septuplement moliérisée en 1998, comme un bijou et ému par la bonté altruiste des personnages, Didier Caron la reprend dans le théâtre dont il est le directeur, en assure la mise en scène avec une fidélité pleine de dévotion.

Pour cette pochade sulpicienne, c'est l'amour du prochain est dans le pré : pour sauver un petit théâtre désaffecté, assisté d'un régisseur jojo-la-bricole susceptible et du benêt de service, le fameux André, jardinier municipal qui parle avec la Vierge et fera office de souffleur, le maire d'un village de la France profonde du Sud-Est a écrit une épopée héroïque à deux personnages, dont l'un sera interprété par son épouse, spécialiste des anchouquettes locales qui a des velléités de monter sur les planches, et l'autre par un cachetonneur professionnel de second ordre mandé de la capitale.

Dans un décor de cartoon à l'image de l'affiche, Didier Caron, qui s'est judicieusement distribué dans le rôle titre, s'est entouré de fidèles camarades de jeu telle Marie-Hélène Lentini et de vieux briscards blanchis sous le harnais de la comédie de café-théâtre, à l'enseigne de la Comédie Bastille (Didier Constant, Jean Fornderod) et du Mélo d'Amélie (Xavier Letourneur) réunis qui officient parfaitement dans le tempo et l'incontournable exubérance qui caractérisent le genre.