Comédie de Aziz Chouaki, mise en scène par Frédérique Larazini, avec Rayhana, Ricky Norton, Elsa Agnès, Ian Fénelon, Amélie Gonin, Fabrice Josso, Didier Lesour et Lydia Nicaud.

Frédérique Lazarini, fondatrice et directrice artistique de la Compagnie Minuit 01, s'est adressée à Aziz Chouaki, romancier et auteur dramatique, pour monter une pièce sur une thématique d'actualité quasi-intemporelle et sujet à controverse récente, celle de l'identité nationale, et ses corollaires, l'intégration et la diversité culturelle.

Celui-ci, par le biais d'une translation dans le microcosme d'un village méditerranéen et dans le passé déjà vieux d'un demi siècle, les années 60 pendant la période sombre des "événements d'Algérie", s'est focalisé sur la blessure profonde d'une femme berbère qui a fui son pays pour échapper un mariage arrangé et suivre un amour français et qui, malgré le choix assumé et réussi de l'intégration, est rattrapée par l'Histoire.

Dans "Chez Mimi", la thématique précitée est traitée par le petit bout de la lorgnette et la problématique de manière anecdotique et, au plan dramaturgique, le texte manque de matière et de souffle comme les personnages manquent d'épaisseur même si Rayhana, par ailleurs auteure d'une saisissante pièce sur la condition des femmes algériennes "A mon âge je me cache encore pour fumer" montée par Fabian Chapuis en 2009, donne un joli accent de sincérité à la gironde et généreuse Mimi devenue bistrotière et âme du village.

Autour d'elle gravitent un mari attentionné (Didier Lesour), deux couples d'amoureux, une coquette et son jaloux (Elsa Agnès et Ian Fénelon), une coiffeuse inquiète et celui qui la sauvera de son célibat (Amélie Gonin et Fabrice Josso), et une rombière (Lydia Nicaud) en pâmoison devant un chanteur de rock (Ricky Norton).

Pour cette comédie que son auteur qualifie de "comédie provençale", François Cabant fait abstraction du pittoresque du bar marseillais avec un décor plus que sobre, un zinc, des tables et des chaises, tout comme Frédrique Lazarini, à la mise en scène, évite la pagnolade "sauce aioli avé l'assent".

Et comme elle y a instillé de nombreuses chansons, cette petite chronique villageoise donne l'occasion de réentendre, fort efficacement chantés par Ricky Norton, le prince du rock' n'twist, banane, pompes bicolores et voix de crooner, distribué quasiment dans son propre rôle, les grands tubes des années 60 de Dalida à Elvis Presley.