Mayerling est le nom d’une petite bourgade autrichienne, théâtre d’un meurtre non-élucidé. Oui, mais c’est aussi le nom de baptême d’un petit groupe de pop-électro parisien, composé de Rodolphe Bary et Lucrèce Sassella. Un homme (aux commandes), et une femme (au micro) : chabadabada ? Un groupe qui s’agrandit pour la scène, avec François Gauer (la touche folkisante) et Léonard Mule (hip-hopien).

De la douceur entre folk et trip-hop langoureuse, de l’énergie électronique, tout ça dans un bon bain bouillonnant, tout en raffinement et en petites touches de luxe. C’est l’effet que fait Confession, ce premier album de Mister Bary et de sa copine Lucrèce.

Le premier titre "Coma" sonne comme une bonne vieille pop anglophone, avec des chanteurs habillés de toutes les couleurs, serrés dans des slims trois fois trop petits, et tous élastiques, se déhanchant comme des zombies au rythme de la batterie. S’ensuit une pléiade de morceaux hypnotisant d’électronique à l’image d’un "No relief", jalonné de dzouing dzouing de partout. Mais aussi mélancolique à la manière de "The ballad of Lucrece", réaliste au point de donner envie de se jeter dans le vide. Mais aussi rock’n’roll en blouson de cuir dans "4mpm", qui sort les guitares à toute berzingue.

Dans sa totalité, l’album est léger comme une plume, tout en pesant lourd sur l’âme. Au début, je le voyais bien en musique d’accueil d’un hôtel de luxe, un truc avec tout plein d’étoiles, et des gens qui portent des gants de soie pour faire les poussières avec le petit doigt levé. Et puis finalement, maintenant que je suis dans un hôtel de luxe avec un peu moins d’étoiles que prévu (pas de soie pour les poussières), j’imagine plutôt l’album en ambiance nocturne, façon recherche d’ancêtres dans un une vieille salle d’archives poussiéreuse.

Alors qu’au bout du compte, je me suis trompée sur toute la ligne, l’album jouet du clair-obscur, sans manquer d’incohérence, c’est l’association de la voix claire et sensuelle de Lucrèce, avec la lourdeur de l’électronique.