Spectacle de théâtre, slam et musique mis en scène par Jean-Matthieu Fourt, avec Tata Milouda, Milouda Chaqiq, Samia Diar et Mokrane Adlani.
La scène de la Maison des Métallos accueille Tata Milouda. Elle a meublé une partie du plateau comme un salon où elle nous offrira le thé. Mais d’abord elle se lance alors dans le récit de sa vie. Petite fille interdite d’école, Milouda est mariée à 14 ans à un homme violent qui lui interdit de sortir - estime-toi heureuse lui dit sa mère, ton père était bien pire avec moi.
Pour seule perspective de liberté, la vieillesse ; âgée, elle serait plus libre de ses mouvements. Milouda refuse d’attendre et de transmettre la violence. Elle quitte le Maroc, arrive en France. La libération n’est pas exactement au rendez-vous. Femme de ménage au noir, elle court de patron en patron, plus ou moins malhonnêtes. Elle finit par avoir des papiers, accède à des cours d’alphabétisation.
Armée de son cahier et de son crayon qu’elle célèbre, elle écrit. Sur scène, elle raconte, slam, chante et danse, portée par sa nouvelle liberté, sa belle ouverture. Elle parle un français qui n’appartient qu’à elle et si sa bouche n’est pas toujours d’accord avec sa tête, la salle lui pardonne volontiers.
Il y a une vérité et, osons le mot même s’il est galvaudé, une authenticité telle que l’on passe sur les maladresses de mise en scène. Tata Milouda se dit et se slame. Deux instrumentistes Samia Diar et Mokrane Adlani, occupent le fond du plateau. Luth arabe, guitare, violon et chants nous transportent, transitions musicale et géographique entre les différents volets du spectacle.
