One man show de Xavier Vilsek, Amaury Gonzague et Willy Rovelli.
Pour sa huitième édition, l’événement humoristique créé par la SACEM, "Ça sème l’humour", a tenu toutes ses promesses : soutenir les nouveaux talents de l’humour et offrir une réelle diversité. Trois comiques et trois univers totalement différents, voilà le programme de cette soirée.
Premier à affronter le public : Xavier Vilsek. Tour à tour bruitiste, musicien/chanteur ou imitateur, Xavier Vilsek évolue dans un univers totalement décalé et barré.
Qu’il adapte les messages vocaux de différentes entreprises (SNCF, hôpital, pizzeria…) à sa sauce ou qu’il réalise l’exploit de résumer en 7 minutes (véridique) l’évolution d’un homme de sa naissance à sa mort, son talent de bruitiste est bluffant.
Certes, on pourrait tiquer sur certaines longueurs dans quelques uns de ses sketchs ainsi qu’une énergie qu’il faudrait d’avantage canaliser mais quand le tout sera bien rodé, le résultat en sera d’autant plus efficace.
Sur l’échelle du loufoque, le personnage d’Amaury Gonzague remporte la palme haut la main. Sorte d’aristocrate ruiné sur le retour, Amaury nous décrit son quotidien au sein d’une cité HLM, loin de son univers chic et distingué. Le résultat est profondément original, efficace et vivant.
A l’aide d’une emphase royale à couper au hachoir et à son look retro à souhait (combinaison de la mèche et du costume étriqué), Amaury sait parfaitement jouer avec le public, et excelle dans l’art d’improviser avec ce dernier. Le coup de cœur de la soirée
Le spectacle se termine avec le trublion Willy Rovelli, qui a déjà acquis une certaine notoriété grâce à ses interventions sur Europe 1. Des trois humoristes présents, Willy est sans doute le moins original dans son personnage, car évoluant dans le stand-up le plus pur.
Mais par sa présence scénique maîtrisée, son humour ravageur et la fluidité de son show, il prouve qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être original à tout prix mais d’être efficace dans ce que l’on sait faire. Et en se moquant volontiers de son physique (petite taille et voix très haut perchée), Willy arrive à se rendre très sympathique, et ce nonobstant l’acidité, voire, pour certains, la méchanceté de ses propos.
Au final, trois humoristes, trois univers et trois bonnes raisons de soutenir ces nouveaux talents.
