Comédie dramatique de Carole Fréchette, mise en scène de Stéphane Hervé et Amélie Dumetz, avec Stéphane Hervé, David Braun et Violette Nouveau.
Simon Labrosse (David Braun) est canadien, et au chômage. Pour lui, la spirale du manque de revenus, de l'endettement et d'une forme de désocialisation est en pleine accélération. Pourtant il ne manque pas d'idées pour s'en sortir, le dernier essai consiste à raconter une semaine de sa vie à un public venu se rassurer et se consoler en assistant à ses malheurs.Pour réussir ce projet, il fait appel à deux de ses amis, eux aussi au chômage, et qui l'assistent d'abord pour le salaire à venir promis. Ils tenteront néanmoins de lui voler la vedette et de montrer aussi, à ce public réuni, leurs talents et leurs attentes dans la vie. Il y a Léo (Stéphane Hervé), le poète dépressif, et Nathalie (Violaine Nouveau), extravertie et narcissique, obsédée par le développement harmonieux de ses "organes internes".
Au public, Simon présente ses échecs dans des tentatives de "cascadeur émotionnel", il se charge des émotions trop fortes pour ses clients, ou de "finisseur de phrase" pour ceux qui n'ont pas les mots pour s'exprimer. On s'amuse des tentatives de Simon pour combler le vide de son existence en se raccrochant à la vie de ceux qui sont tout aussi démunis que lui, mais le rire est un peu amer.
La mise en scène de Stéphane Hervé et Amélie Dumetz parvient à établir la proximité que réclame l'histoire de Simon en investissant les travées ou en distribuant des cartes de visite aux premiers rangs.
Quant aux acteurs, pseudo acteurs amateurs pour l'occasion, ils surjouent légèrement donnant ainsi, justement, l'impression d'un essai maladroit, d'une ultime tentative ratée pour Simon. L'effet est amusant et donne à l'ensemble de cette comédie un aspect bien sympathique.
Quant au texte, "Les 7 jours de Simon Labrosse" de Carole Fréchette, il trouve par l'humour un équilibre étonnant entre réflexion sur le quotidien des sans-emplois dans la société canadienne et dans le système libéral occidental en général, fantaisie douce-amère sur le rapport social et la perte de solidarité, et parodie sur la pensée magique et le positivisme forcé. Les expressions québécoises dont il est truffé contribuent à surprendre le public français et faire sourire.
