Pour le troisième jour de concerts, les programmateurs du festival "Blues au 13" ont invité l’algérien Amar Sundy et le camerounais Roland Tchakounté. L’assistance a répondu à l’appel et rempli la charmante salle de spectacle dont l’un des principaux attributs est son excellente acoustique.
Vers 19h40, sans se faire trop attendre, Amar Sundy s’est présenté avec sa guitare acoustique et en compagnie du bassiste Henri Dorina et du stimulant batteur Olivier Monteils. Dès le premier morceau, on a compris que son apport au blues était très personnel et reflétait les origines touaregs d’Amar Sundy. En effet, il jouait de la guitare sans mediator avec un doigté agile et en lui arrachant des sons d’une intensité extrêmement variable, parfois très forts, parfois si faibles qu’ils en étaient presque inaudibles, le tout rempli par des rythmes tribaux africains assurés par la batterie et la basse. Les morceaux étaient issus pour la plupart d’entre eux de son dernier album Sadaka, et le plaisir des musiciens de jouer et chanter ensemble a entraîné le public à entrer en fusion avec eux et leur "desert blues".
Après les trente minutes de pause nécessaire pour débarrasser le matériel d’Amar Sundy de la scène et pour y installer celui de Roland Tchakounté, ce dernier s’est présenté tout seul avec une guitare acoustique qu’il a jouée en accords en chantant de sa belle voix virile dans son dialecte bamiléké. Bien qu’il y avait un certain "africanisme" dans sa musique, on a pu constater que Roland Tchakounté était un bluesman de l’old school, ce qui s’est vite confirmé quand, pour l’accompagner à partir du deuxième morceau, le batteur Mathias Bernheim et le super-guitariste Mick Ravassat sont rentrés sur scène. Ce dernier, avec ses riffs et solos, faisait inévitablement penser aux grands héros de la guitare, tels que Eric Clapton, Mark Knopfler, Keith Richards ou BBKing. Il est vraiment un virtuose de la guitare blues et Roland Tchakounté lui a donné le protagonisme qu’il méritait en lui accordant un long solo dans chaque morceau. On a écouté du vrai blues sur fond de discours politique et contre le racisme et le public a été conquis.
A la fin des dix morceaux prévus et face à l’insistance du public, Roland Tchakounté et sa bande sont revenus pour un rappel devant une standing ovation du public. On en est ressorti avec une agréable sensation de satisfaction. C’était une belle soirée.
