Textes d'Eve Ensler, adaptation de Dominique Deschamps, mise en scène d'Isabelle Rattier, avec en alternance Sonia Vollereaux, , Firmine Richard, Vanessa Demouy, Bernadette Lafont, Princesse Erika. Théâtre de Paris (petite salle)

On reconnaît à ce spectacle un succès planétaire. Mérité. Texte-témoignage. Confidences recueillies par Eve Ensler auprès de 200 femmes de tous âges… professions, milieux sociaux, origines ethniques et raciales différents...Confidences d’intimité de femmes. Intimité heureuse ou malheureuse jusqu’à présent non dévoilée. Le silence dans lequel on tient les femmes. Encore. L’omerta des souillures faites aux femmes enfin entrouverte.

Un texte sur le fil du rasoir. Paroles de femmes livrées sans fard au plus grand nombre. Crues. On passe du sourire aux larmes, du bien être au mal à l’aise, de la gourmandise à la franche nausée, de l’orgasme à l’envie de hurler d’horreur. Les mots claquent comme une voile. On s’en prend plein la figure, les hommes comme les femmes. Chacun s’y reconnaît à un moment ou un autre. Le doigt pointé sur la banalité de la réalité. La banalité de l’humiliation, de la souffrance. Ca nous bouscule et heureusement.

J’ai vu plusieurs fois les Monologues du Vagin, les moins à l’aise avec le titre disent Les Monologues. Le poids des mots, même leur résonance dérange. J’ai vu avec une seule comédienne en scène, d’autre fois avec plusieurs…le texte est aussi fort. Peu importe la formule. Heureusement que les comédiennes tournent sur ces personnages en alternance…l’exercice autrement serait périlleux…le spectateur n’en sort pas intact…c’est sans dire des comédiennes !!! Saluons la performance des comédiennes à contre-emploi, les Vanessa Demouy, Lisette Malidor, Princesse Erika…engagement militant, solidarité féminine ?…peu importe, saluons-les, sans préjuger de ce que d’autres disent d’elles. Femmes à part entière, elles livrent elles aussi quelques minutes de leur intimité de femme.

La seconde fois que j’ai vu les Monologues du Vagin, j’étais assise à côté d’un type, quadra, venu avec madame. Il était très énervé riait beaucoup, et me dit juste avant le lever de rideau ‘’il paraît qu’on va se fendre la gueule, c’est un truc sur le sexe des nanas…vous savez la chatte…enfin vous voyez…du cul quoi !!!!’’. Je l’ai toisé du regard en lui disant qu’on en reparlerait à la sortie. Bref…il a ri à la première réplique…après silence radio, limite je me recroqueville position fœtale. A la fin du spectacle il a crié à sa femme un grouille-toi on se casse d’ici…

Et oui cher monsieur… le sexe des femmes n’est pas qu’une histoire de cul.
Les monologues du Vagin sont encore à l’affiche…moi je vais y retourner.