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Audimat
Le Trianon  (Paris)  novembre 2008

Comédie musicale écrite et composée par Tancrède et Fabrice Lehman, mise en scène de Stephan Druet, avec Frédéric Norbert, François Briault, Valérie Zaccomer, Amala Landré, Sinan Bertrand, Alice Decelle, Alma de Villalobos, Laurie May et Cécile Nodie.

A l'approche de l'hiver et des fêtes de fin d'année fleurissent les spectacles musicaux et la catégorie "comédie musicale" reprend du poil de la bête face au prisé "théâtre musical". Il y a les grosses locomotives et les petites productions artisanales, les petits succès et les gros flops, les boutiquages ringards et les revivals racoleurs, à chacun d'y associer le titre ad hoc.

A l'affiche du Trianon, "Audimat", concocté par les frères Lehman, Tancrède pour la musique et les lyrics, et Fabrice Lehman pour le livret, s'avère un spectacle réussi qui ravira les fans de comédie musicale, réconciliera ceux qui se sont détournés de ce registre souvent exploité de manière indigente et sera peut être source de découverte pour ceux qui, a priori, font la fine bouche face à ce registre souvent qualifié de mineur.

Les auteurs se montrent bons faiseurs à tous points de vue en choisissant des valeurs sûres et fédératrices et en respectant les règles du genre qui tiennent notamment à l'équilibre entre la comédie, le chant et la danse et en octroyant des partitions pondérées pour chaque comédien.

L'intrigue est classique, rivalités professionnelles et idylles amoureuses, mais déclinée de manière cocasse et satirique dans le petit monde du paf. Comme l'indique le titre, celui-ci est soumis à la culture, voire la dictature, du résultat symbolisé par l'indice de satisfaction du corps audiovisuel cible, les fameuses ménagères de moins de 50 ans. Un indice qui est à l'origine d'une impitoyable guerre des chaînes par animateurs vedettes interposés lesquels sont réduits à des pantins qui n'ont pas inventé le fil à couper le beurre mais qui n'en n'ont pas moins un petit coeur qui bat.

Musicalement, ils ne cèdent pas à la vogue variétale mais compose un patchwork de mélodies et de rythmes, du jazz au swing en passant par la chanson française et puisant même dans l'opéra, qui sonne résolument à l'oreille avec un petit air de déjà entendu. Sur scène, la distribution est judicieuse avec des comédiens-chanteurs et, pour la plupart, danseurs de surcroît, qui ne sont pas des inconnus, ont du métier et tournent déjà régulièrement dans des spectacles musicaux.

Terrorisés par Valérie Zaccomer, directrice d'un institut de sondage, Frédéric Norbert, rusé producteur télé de la vieille école, voix sirupeuse, brushing et aimant les toutous, qui retombe toujours sur ses pattes, et François Briault, jeune requin hyperactif et compulsif, affublés successivement d'une assistante qui ache bien ses dents longues, Alice Decelle parfaite en gourde, manipulent les jeunes premiers, les délicieux Amala Landré et Sinan Bertrand.

Les ménagères qui manient la guillotine télévisuelle qu'est la zapette sont représentées par un excellent trio composé de Alma de Villalobos, qui a signé la chorégraphie du spectacle, Laurie May et Cécile Nodie, érigé en chœur antique qui assure avec efficacité les intermèdes entre les tableaux.

Dans un simple et astucieux décor à géométrie variable crée par Gilles Jauffret à partir des lettres audimat, à mi-chemin entre music hall, comédie de Broadway et Parapluies de Cherbourg, le spectacle amusant et divertissant, truffé de clins d'œil, est emmené par une troupe pleine d'énergie et de bonne humeur que Stephan Druet, qui a déjà une belle carte de visite en matière de mise en scène de théâtre et d'opérette, dirige de manière tonique, fluide et chorale.

 

MM         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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