Après une tournée de plus de neuf mois, dont le début
coïncide pratiquement avec la sortie de son deuxième album, Tom
McRae est de retour à l’Elysée Montmartre pour
la deuxième fois cette année. Quel est l’intérêt
de voir, a priori, à plusieurs reprises, le même concert me direz-vous
? Tout simplement parce que les concerts de Tom McRae se suivent mais ne se
ressemblent pas.
Tout d’abord, Tom a l’habitude de varier ses tours de chant, à
savoir qu’à chaque concert il change les titres de sa set list
et varie également leur interprétation (en trio, seul avec sa
guitare ou au piano…) allant même quelquefois jusqu’à
improviser sur scène, au risque de déstabiliser ses musiciens,
pour captiver plus encore son public et le surprendre. J’en veux pour
preuve son meilleur souvenir de concert, à Los Angeles, dans de très
mauvaises conditions de son. Alors que deux mille personnes sont là,
peu attentives, il débranche sa guitare, s’éloigne du micro
et continue de chanter. Le public surpris se rapproche pour l’entendre
mieux et l’acclame à la fin de sa chanson pour saluer son audace.
Ensuite parce que ce soir, Tom McRae nous propose un concert acoustique. Toujours
flanqué de sa guitare, c’est seulement accompagné de ses
deux fidèles acolytes, Olli Kraus au violoncelle et
Olli Cunningham au clavier qui l’ont suivi toute l’année,
que Tom va se produire. Une formation réduite, certes mais qui sied à
ravir à la musique intimiste de ce songwriter, lui donnant une couleur
moins rock qu’en mars dernier, du fait notamment de l’absence de
batterie. Cependant cela n’enlève en rien l’énergie
et le rythme du set. D’ailleurs, le violoncelliste sera bien malmené
tout au long du concert et nombreux seront ceux qui, au cours de l’aftershow,
viendront lui demander des nouvelles de son bras !
Enfin, Tom McRae se produit indifféremment sur des scènes de
taille plus ou moins importante, devant un public plus ou moins nombreux et
le charme opère toujours que ce soit sur la scène des Eurockéennes
de Belfort alors que le public est là pour entendre Les Libertines, dans
un tout autre genre, que Tom remplace au pied levé ou encore dans le
baraquement de bois aux tentures de velours avec la scène en rez de public
de l’Effermagic des Effervessone ou bien encore dans une salle sans originalité
comme l’Elysée Montmartre. En fait, Tom McRae réussit chaque
fois à créer une atmosphère de club et à emmener
le public dans son univers.
Dès les premières notes, la magie opère donc. Tom McRae
le sait. C’est la raison pour laquelle, à la troisième chanson,
il s’arrête et nous fait savourer le silence qu’il a instauré
et dont il se délecte. Effectivement le public s’est tu, tout à
son plaisir…
Quel chemin a parcouru ce chanteur timide, au physique modeste (il dépasse
difficilement le mètre soixante). En quelques mois, la différence
est flagrante, ses progrès fulgurants et sa maîtrise de la scène
ne sont plus à prouver. Il suffit de jeter un œil sur l’assistance
pour constater que tout le monde écoute, dans une extase presque religieuse.
Hallucinant ! Tout comme son deuxième album, Tom est plus ouvert sur
scène alors que son premier opus était plus sombre, plus renfermé.
Ces chansons sont toujours empreintes de tristesse mais ses interprétations
sont plus optimistes.
Amaigri et fatigué, il arrive toutefois sur scène débordant
d’énergie et souriant. Son tour de chant est bien rôdé
et il est de plus en plus à l’aise sur scène. Son français
s’est également étoffé et le public rit de ses interventions.
Il apprécie ses progrès dans la langue de Molière et sa
reprise de " La nuit je mens" de Bashung, dans le texte ou
plus précisément du refrain dans un pont avec "Hidden
Camera show".
Il faut dire que Tom est ce soir là, très à l’aise
et se sent à Paris, comme à la maison. En effet, nombreux sont
ses amis qui sont venus le soutenir, français et anglais. De plus, Tom
aime particulièrement le public français, premier à avoir
su reconnaître son talent et à apprécier sa musique. D’ailleurs,
ce public reprend toujours en chœur ses chansons même s’il
semble mieux connaître les chansons du premier album, majoritaires ce
soir là et principalement "End of the World news",
son tube comme aime à dire Tom.
Il termine, contre toute attente, son concert sous des applaudissements nourris
et quitte la scène après deux rappels et une heure vingt de concert
sans oublier au préalable de nousdonner rendez-vous l’année
prochaine… Mais l’année prochaine pour un nouvel album ou
un autre concert ? On est en droit de se poser la question. Sachant que Tom
a mis deux ans et demi pour sortir son deuxième album, cela semble compromis
mais comme il s’inspire de ses voyages pour écrire et que cette
année a été propice aux déplacements et donc aux
nouveautés… un nouvel album ne saurait être totalement exclu.
Suite au prochain épisode donc !
Un petit mot pour finir à propos de la première partie, assurée
par un groupe français Dorval. Sans grande originalité
à mon goût et trop proche de Keren Ann pour se démarquer.
Ils n’ont pas déchaînés les foules bien que la chanteuse
ait été fière d’annoncer qu’un de leurs titres
a été écrit par Benjamin Biolay, himself. Et alors ? aurais-je
été tentée de lui dire !
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