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Saez
Varsovie - L'Alhambra - Paris  (Cinq 7 / Wagram)  mai 2008

Attendu comme une sorte de messie musical, le nouvel album de Saez.

Après avoir passé les étapes du deuxième puis troisième album, c’est aujourd’hui, anniversaire de mai 68, que l’on attend Saez au tournant. Icône d’une jeunesse rock’n’roll mais consumériste, désanchantée mais rebelle dans les idées, en adéquation avec son discours.

Triple album, trois villes, trois voyages, mais un seul dont on ramenera des souvenirs.

Car ce triple est une déception cuisante. Quelques extraits des paroles :

"Au dela du brouillard c’est encore le brouillard"
"De l’automne à l’été cest toujours l’hiver"
"L’amour c’est la mort et t’aimer c’est mourir"

Saez a toujours donné dans la poésie "simple", les images faciles et universelles. Mais ici, l’absence de mise en musique donne l’impression plate d’une philosophie de comptoir, niveau Brice de Nice.

L’absence quasi totale d’accompagnement sur L’alhambra et Varsovie offre des textes déclamés, psalmodiés ou murmurés, le plus souvent marmonés sans être articulés. C’est aussi palpitant que Le jour du Seigneur sur France 2.

Le "chant" est nasal, se rapprochant dangereusement d’Olivia Ruiz. Les rythmiques sont très basiques. Au final, , ce qui aurait pu passer pour de l’épure totale devient de l’hyper -prétention autocentrée.

Ce que Wagram a payé en promo aura préalablement été économisé en artistique. Quasiment aucun musicien à payer, pour une production faite de simples accords plaqués, sans volume.

Arrive l’album Paris. Premier titre ; le fameux buzz "Jeunesse lève toi". C’est plus rapide, plus sympa, tout à fait écoutable. La chanson est orchestrée, il y a des instruments, un mixage, des arrangements. Les paroles sont dans une veine "J’veux du nucléaire", un peu comme avant. Il y a même une batterie !

"S’en aller" continue sur la lancée, mélancolique et pessismiste, parsemée d’images à la Saez, quelques mots clés, de l’amour désespéré...

"Alice" : premières notes prometteuses, western, solitude désertique, mots wagabonds... On commence à retrouver Saez. Des basses, une ambiance, "Apocalypse enfin". On est entre "Jeune et Con" et "Debbie" , "à hurler du silence". D’un coup d’un seul, les paroles paraissent moins mièvres, car accompagnées. Tout est dans l’ambiance, et dans la proposition musicale.

"Le cavalier sans tête", est comme du folk sensible. La voix est légère, les paroles touchantes comme une réminiscence enfantine.

"Putain vous m’aurez plus" est la chanson à écouter si vous voulez déprimer, si vous allez partir ou que vous venez d’être quitté. Cette chanson va coller à vos descentes d’utopies, à vos pertes d’espoirs, à vos colères flasques. Saez, enfin.

Le problème de cet album pour Saez, est peut être le même que celui de Lorie : une déconnexion entre l’artiste et son public. L’artiste a changé, le décor de la société a changé, et il a suffit de quelques années pour que le public grandisse en parallèle.

Aujourd’hui Saez a peut être perdu une partie du contact infime et intime avec son auditoire. Comme un amour s’estompe, s’efface, puis s’oublie. Il reste sans doute le même, en tous cas cette oeuvre tente de nous le faire croire : nous donner ce qu’on aime de Saez, ce qu’on a aimé.

Mais ce qui touchait à l’époque de Jours étranges, puis -surtout- pour God Blesse , commencait déjà à perdre consistance avec Debbie. Il y avait bien plus d’énergie rock dans Debbie, mais déjà moins de colère intérieure.

Saez trouvera-t-il un nouveau public sans tout perdre de ses anciens adeptes ? Les premiers chiffres tendent à répondre oui. Entrée directe en 3ème position du top album (semaine du 20 au 26 avril) avec 17 000 exemplaires vendus (après Madonna et Cabrel). Plus en entrée en 6ème position du top téléchargement (Source : Musique Info Hebdo). Une très belle réussite pour un label indépendant (Cinq7).

Varsovie est comme la peinture d’une époque gâchée, d’ores et déjà perdue pour nous. "Regarder l’apocalypse, attendre la fin de l’éclipse". Ce triple album est donc un constat de peine perdue, de trop tard, de plus rien à faire à part survivre.

Un autre artiste aurait fait ça, l’album aurait été considéré comme chevrotant, expérimental, triste, et surtout ennuyeux.

Reste le profond mérite d’être indépendant, différent. Il est certain que Saez ne peut se cataloguer avec Garou, Empyr ou Cali.

Le véritable 4ème album de Saez restera Paris, le triple étant une intégrale avant l’heure destinée aux purs fans.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Damien Saez
Le Myspace de Saez


Mathieu Beurois         
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# 14 juillet 2008 : La révolution culturelle toute l'année avec Froggy's Delight

Cette semaine c'est un feu d'artifice de spectacles, de festivals et de concerts. Froggy's Delight sera à vos côtés tout l'été pour vous parler des festivals, d'Avignon, des disques et des spectacles de la rentrée. En attendant, voici le programme :

En musique :

Retrouvez le compte rendu du festival des Eurockéennes de Belfort, le Vendredi, le Samedi et le Dimanche,
Egalement au programme le festival Musique en Stock de Cluses, le Jeudi, le Vendredi et le Samedi,
Et puis nous vous dirons quelques mots de Radiohead au Main Square festival d'Arras,
Enfin, le concert évènement de la semaine c'était My Bloody Valentine au Zénith de Paris avant leur passage à Benicassim !

Au théâtre :

"Les poètes mentent mal" à l'Etoile du Nord
"Sirenade" au Théâtre Darius Milhaud
"Le dernier cri" au Théâtre Silvia Monfort
"Annabelle et Zina" à l'Aktéon Théâtre
"George Dandin" au Théâtre du Nord-Ouest
"Conversations entre snobs" au Théâtre de l'Orme
"Chlore-Froissements de nuits-Terre parmi les courants" au Théâtre Silvia Monfort
"Le sacre du printemps" à la Grande Halle de La Villette
"Cellule 719" au Théâtre de l'Orme
et la reprise de "Mère Courage et ses enfants" au Théâtre Artistic Athévains et "Le Tour du monde en 80 jours" au Café de la Gare
en direct d'Avignon "Isidore et la plume bleue" au Théâtre La Luna et "Scaramuccia" au Collège de la Salle
l'interview de Yann Reuzeau, co-directeur de la Manufacture des Abbesses qui programme cet été "Monsieur le Président" et reprend deux succès : "Pourquoi j'ai mangé mon père" et "Tais-toi et parle moi"
et l'entretien de juin 2008 avec Jean-Laurent Cochet qui répond au questionnaire de Proust

Expositions avec :
"William Klein - Dressage" à la Maison Européenne de la Photographie
"Leonora Carrington - La marièe du vent" à la Maison de l'Amérique Latine
et "Eric Aupol - Clairvaux" à la Maison Européenne de la Photographie

Et puis du cinéma avec :
Le festival Filmer la musique #2,
"Bons baisers de Bruges" de Martin McDonagh,
"Diary of the Dead" de George A. Romero dont nous avait déjà parlé Sabine,
"Faux Semblants" de David Cronenberg alors que la Mouche se joue en comédie musicale à Paris,
"Speed Racer" des frères Wachowski

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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