Musique   Théâtre   Expos   Cinéma   Lecture   Bien Vivre
  Galerie photos   Galerie audio
 
Activer le mode recherche avancée
Accueil
 
Neil Young
Rust never Sleeps 

Les chansons de Neil Young traversent les grands paysages américains, là où le soleil scintille sur la rivière et colore les forêts d’un vert profond et menaçant. Elles racontent aussi de drôles d’histoires sur les gens qui vivent dans les collines.

En 1978, au Cow Palace de San francisco, Neil Young et le Crazy Horse ont touché cette grâce qui fait les concerts de légende et dont Bernard Sharkey réalisa un film Rust never sleeps . Le magazine Rolling Stone le qualifia d’une des meilleures performances live des vingt dernières années.

La scène du Cow Palace est originale, d’abord animée par des roadies déguisés en Ewok (Star War) qui s’agitent, Fourmies facétieuses, autour d’amplis géants dressés dans le dos des musiciens comme un pan de buildings de Central Park.

La première partie du concert est acoustique, Neil Young, sa guitare et son harmonica, vêtu comme vous et moi d’un tee-shirt et d’un jean blanc. Il est grand, mince et beau. Les cheveux ébouriffés, épis et sens contraires émouvants. "Sugar mountains" - "I am a child" - "My my, hey hey" sont de belles chansons tristes comme ces vies qui se perdent trop tôt. Neil Young chante juste avec cette voix aiguë à la limite de la rupture. L’harmonica renforce l’ombre portée d’un malheur qui rôde.

La deuxième partie est électrique. Le Crazy Horse est entré discrètement sur scène. Du batteur, Ralph Molina on ne voit que cette stupide casquette américaine qui a remplacé en France le béret des beaufs (les mêmes qui critiquent les américains). Le guitariste Franck "Pancho" Sampredo, anti-star se tient à distance, sur le flanc droit de la scène et appuie de manière efficace les solos de Neil Young. Il a le regard des adolescents rebelles qui voient au-delà des imperfections du monde. Billy Talbot, le bassiste est toujours en mouvement, cheval têtu qui dodeline de la tête. Il ressemble à Mimi l’ancien batteur des Dogs.
Sur cette grande scène sombre, la première impression est un peu figée, vite corrigée par une musique claire, mélodique et violente qui tétanise l’espace.

Dans cette partie électrique, deux morceaux dominent : le primesautier et impossible "Lotta love" dont le piano lancinant évoque un Paris des cafés et des jolies femmes, l’été près des Champs Elysées (A bout de souffle ?).

Mais il y a surtout l’inquiétant "Powderfinger" dont la version est magnifique :
" Look out mama there’s a white boat coming’ up the river… "
“Think of me as one you’d never figured
Would fade away so young
With so much left undone...”

En quelques notes et paroles, la sombre histoire imprécise de la chanson vous a mis un essaim de papillons au creux de l’estomac qui ne vous quitte plus. Les solos de Neil Young montent et descendent comme une respiration qui s’accélère face au danger caché ; ils s’engouffrent dans les ouvertures sans défense de nos émotions.

En sortant du concert, ce 22 octobre 1978, le ciel était peut-être clair et, dans l’air salin et frais de San Francisco, la musique de Neil Young a du survivre longtemps à la nuit et au sommeil.

 

Goliath         
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 30 novembre 2008 : une pluie de nouveautés

Le temps est à la pluie et au froid, raison de plus pour écouter de la musique ou vous octroyez un moment lecture bien au chaud chez vous, ou aller au théâtre et au cinéma.

Côté musique :

"Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon" de Get Well Soon,
"Hurricane" de Grace Jones,
"Xoxo Panda and the new kid revival" de Her Space Holliday,
"How we became" de Jeremy Warmsley,
"Ciné Magique" de Lily Frost,
"L'entredeux" de Marianne Dissard qui nous fait partager 4 titres en Froggy's Session,
"Bits" de Oxford Collapse,
Thomas Tantrum, Eugene McGuinness, Mr B the gentleman rhymer et Baddies à la Flèche d'or pour Rock is Dead #2
The Bellrays, Kabu Ki Buddah, Raymonde Howard et Second Sex au Fil de Saint Etienne
Et une nouvelle émission du Morceau Caché intitulée La biographie en temps réel

Au théâtre :

"Le songe d'une nuit d'été" aux Ateliers Berthier
"Othello" au Théâtre National de l'Odéon
"Les bouts de bois de Dieu" au Théâtre de la Tempête
"Gombrowiczshow" au Théâtre National de Chaillot
"Devant la parole" à la Maison de la Poésie
"Le repas" à la Maison de la Poésie
"Diagnostic" au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes
"Les muses orphelines" à l'Aktéon Théâtre
"Mangiare" au Théâtre du Soleil
"Audimat" au Trianon
"Vu duo c'est différent" au Point Virgule
"Michel Hermon - Compagnons d'enfer" à la Péniche Opéra
et des reprises à ne pas rater : le Molière 2008 du meilleur spectacle seul en scène "Un monde fou" au Petit Théâtre de Paris avec Eric Métayer et une version savoureuse de "La flûte enchantée" au Théâtre des Mathurins

Expositions avec :

"Pollock et le chamanisme" à la Pinacothèque de Paris
"De Miro à Warhol - La collection Berardo à Paris" au Musée du Luxembourg

Lecture avec :

"Des néons sous la mer" de Frédéric Ciriez
"La mesure du temps" de Helon Habila
et dans la catégorie "Beaux livres" le catalogue de l'exposition "Picasso et les maîtres"

et du cinéma :

Edward au main d'argent de Tim Burton
un portait de Jason Statham
"Mesrine : L'ennemi public N°1" de Jean François Richet
"The duchess" de Saul Dibb
et "Vilaine" de Jean Patrick Bene et Allan Mauduit

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008