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Festival des Inrockuptibles Nokia 2003
An Pierlé, Playground, Venus  (Paris)  23 octobre 2003

C'est la fin de la saison pour la tournée Inrockuptibles / Nokia qui a fait venir près de chez vous les groupes que vous aviez envie de voir (ou presque). Une initiative certes commerciale mais qui a eu pour résultat un peu plus de musique dans nos oreilles et pas seulement à Paris.

La tournée 2003 se termine donc et c'est à grand renfort de T shirts célébrant celle-ci que nous sommes accueillis à l'Elysée Montmartre qui mettra un peu de temps à se remplir mais qui offrira à An Pierlé et à Venus une salle comble (mais quand même un peu tiède).

Au programme ce soir, Playground, An Pierlé et Venus.

Commençons donc par Playground, premiers à débarquer sur scène. Et quand je dis "débarquer" je pèse mes mots, c'est vraiment l'artillerie lourde pour ce set de 30 minutes de musique médiocre et beaucoup trop forte.

Ce groupe semble largement privilégier l'attitude à la musique et malheureusement ça se voit beaucoup trop. Poitrine en avant dans son tshirt "Gilbert et George" le chanteur se prend pour Mick Jagger et déambule sur la scène en essayant de se faire entendre par dessus le boucan terrible de la musique, d'autant plus désagréable que le son n'est pas très bon et encore moins intéressant. Même les morceaux acoustiques ne sont pas au point. Tellement pas que, après une vaine tentative de faire fonctionner la guitare sèche, le groupe décide que finalement ils feront la chanson en électrique!

Ne nous attardons pas plus, on ne tire pas sur une ambulance chargée de blessés. Courte pause avant de passer à ce que l'on prend au début pour un amuse bouche avant Vénus et qui on le verra plus tard sera belle et bien LE concert qu'il ne fallait pas manquer.

An Pierlé arrive enfin sur scène, souriante dans sa petite robe d'été accompagnée de son groupe (basse, guitare, batterie). A peine le temps de saluer le public et la voilà installée derrière son piano. Non pas comme tout le monde assise gentiment sur un traditionnel tabouret académique recouvert d'un beau velours rouge mais sur un gros ballon translucide. Idée originale et du jamais vu pour ce qui me concerne qui nous emmène bien loin du pianiste très statique et du concert emmerdant sauf si ledit pianiste joue debout comme le disait si bien (!) France Gall (d'ailleurs An Pierlé jouera aussi debout, comme quoi ...).

Assise sur un ballon donc, An Pierlé n'aura de cesse d'aller de droite et de gauche, d'avant, d'arrière et accessoirement de haut en bas puisque le ballon a la faculté de rebondir sous les impulsions fessières de la dame. Et si elle est tout à fait capable de jouer du piano debout elle sait aussi jouer du piano à bretelles (plus connu sous le nom d'accordéon) et nous donnera l'occasion à 2 reprises de le constater de visu.

Il serait assez difficile de définir précisément la musique de An Pierlé, parfois très folk-rock, comparable à une Tori Amos ou une Heather Nova, parfois totalement barrée et déconnante, qui prend toute sa dimension en live. On sent que la scène ne lui fait pas peur et que le plaisir de jouer est aussi fort que celui que nous avons à les écouter et les voir.

Car pour An Pierlé il est bien question de jouer sur scène, ainsi elle est très bavarde entre les morceaux et a toujours un bon mot à dire, assorti d'un accent belge à couper à la tronçonneuse ("on ne se met jamais tout nu en concert, c'est marrant, allez enlevez tous vos vêtements"... m'enfin quand même !). Elle essaie même de faire chanter le public, tel un choeur géant en nous apprenant à faire "whouhouhou" en se déhanchant ... et elle réussit à faire monter un couple sur la scène pour danser un slow pendant qu'elle chante.

Bonne ambiance, certe mais surtout excellent concert d'un groupe qui fait vraiment des efforts pour son public. Concert qui se terminera par une reprise "spécialement pour vous les parisiens" de Jacques Dutronc, "Il est 5 heures", dans une version très rock'n'roll accompagnée d'un accordéon en furie.

Nous aurions aimé un rappel ... Nous aurons seulement droit au concert de Venus.

Car vous l'aurez compris, en un mot comme "émile", le concert de Vénus fut dé-ce-vant (oui je sais ça fait trois mots mais enlevez les tirets pour voir...).

Pourtant j'en gardais un excellent souvenir des concerts de Vénus, notamment celui de la Cigale il y a presque 4 ans déjà. Epoque bénie où le groupe s'amusait sur scène, faisait le spectacle et reprenait en rappel "le port d'Amsterdam" de Brel en anglais.

Ce soir là, si la reprise est toujours au programme du rappel, comme une vieille habitude que l'on ne songe même plus à supprimer, elle a beaucoup moins de charme que jadis et le spectacle sur scène est bien fini. Les Vénus restent plantés derrière leur micro comme posés là attendant qu'on vienne les rechercher. Le "est ce que ça va ? je vous entend pas, est ce que ça va" ne jette même pas assez de poudre aux yeux pour feindre l'enthousiasme, ni de la part du groupe, ni, juste retour, de la part d'un public que l'on sent déçu.

Pourtant on ne peut pas reprocher à Vénus de mal jouer leurs morceaux. Tout est en place, batterie, contrebasse, guitare, chant, violon et même en renfort 2 demoiselles venues tater du clavier. Mais ce qui leur manquait ce soir là, c'était le génie, ce petit éclair qui illumine un morceau tout juste moyen pour en faire un quasi chef d'oeuvre en live. A trop vouloir s'appliquer, Vénus s'est planté et à vouloir en garder sous le pied ils n'ont jamais vraiment ouvert les vannes pour se libérer complètement.

Un concert que le groupe n'a même pas pris le risque d'entamer sur un de leur titre mais sur une reprise de Johnny Cash, bel hommage à ce génie récemment décédé mais qui n'aurait rien perdu à être joué en final, au lieu de se lancer sur un de leur morceau phare qui est souvent déterminant pour la suite. Cela étant, Loopkin m'a confirmé que leur prestation au début de l'été au Café de la danse fût peu ou prou du même acabit.

N'insistons donc pas et comme beaucoup de spectateurs ce soir là, allons prendre notre métro un peu plus tôt que prévu.

 

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David         
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# 31 août 2008 :

Les feuilles de l'éphéméride tombent comme des feuilles mortes et voici déjà la rentrée, en douceur, avec son lot de nouveautés, la reprise des concerts en salle et les nouvelles créations théâtrales.Il est donc temps d'être dans vos starting blocks avec Froggy's Delight !

Côté musique :

"The movie" de Clare & The Reasons
"Donkey" de CSS
l'album éponyme de High Places
"A potion" de Sioen
"Nights out " de Metronomy
"?Como te llama ?" de Albert Hammond Jr
"Fantasy Black Channel" de Late of The Pier
"Ryunosuke" de Mud Flow également en interview

Au théâtre :

"Le médecin volant" au Théâtre du Nord-Ouest
"Quichotte et le bateau enchanté" au Théâtre 14
"L'apprentissage" au Théâtre Les Déchargeurs
"Big Shoot" au Lavoir Moderne Parisien
et des reprises"Ged Marlon Solo" au Théâtre du Petit Montparnasse et "Nous sommes de celles" au Théâtre Essaion

Expositions :

"L'affiche 100% Finlande" au Musée des Arts Décoratifs
et, dernière ligne droite pour "Charles Lapicque - Une rétrospective" au Musée de la Poste

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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