Toujours ravi de retrouver la salle de St Ouen qui confirme que les meilleures
salles parisiennes s'isolent toutes en proche banlieue. Pour insister sur le
fait que cette salle n'est pas une salle de concert comme les autres, le lieu
était investi par ailleurs par une exposition de quelques oeuvres ludiques
et sympathiques qui valent plus le détour que le nombrilliste habituel
en la matière.
Première partie insignifiante sur laquelle je ne m'étends pas
: ces zozos de Nantes s'appellent les Odd Moutains Trio.
La raison de notre présence étant bien sûr la prestation
des américains de Jackie-O MotherFucker, mi-concert
mi-happening.
Le concert commence sans en avoir l'air et prend un air mystique évident
dû à l'absence de construction immédiate. Des samples bruitistes
sur cd et sur vinyle élaborent un fond sonore sur lequel des guitares
vaporeuses et psychedéliques s'installent, un membre tourne en rond sur
la scène le micro à la bouche, très rapidement on ne sait
plus qui fait quoi et surtout si quelqu'un dirige cet esquif en dérive
volontaire. Musique non identifiable et presque incernable qui nous bringuebale
dans une progression des plus inspirées.
Le concert se révèlera assez court et moins abouti qu'en octobre
dernier aux Instants Chavirés dans le cadre du festival du magazine Wire,
la formation a par ailleurs évolué depuis avec notamment le remplacement
d'un des guitaristes. Même si leurs productions sur disques sont beaucoup
plus enthousiasmantes que ce concert (les disques il faut le dire atteignent
des sommets !), on garde un souvenir assez surréel de cette rencontre
incertaine avec un collectif libre et inspiré auquel on continue de prêter
une affection sincère. |