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Romane Bohringer
Interview (1)  (Boulogne)  28 octobre 2007

Après avoir été tellement impressionné par la performance de Romane Bohringer dans "Face de cuillère", j'avais voulu savoir comment on parvient à une telle perfection.

Très gentiment, elle accepte de m'en dire plus pour Froggy's Delight. Rendez-vous est donc pris pour se voir au TOP de Boulogne où elle achève cette série de représentations. La rencontre se fait au foyer du théâtre (où on en profitera pour se restaurer l'un et l'autre avec des paninis "légumes grillés-mozarella").

Une fois lancée, difficile de l'arrêter tant cette pièce lui tient à coeur...

Ce spectacle, Face de cuillère, c'est un projet qui est venu comment ?

Romane Bohringer : C'est Michel Didym le metteur en scène qui a découvert ce texte lors de son festival qui s'appelle "La Mousson d'été" , dédié aux auteurs contemporains. Donc il a fait traduire le texte et il l'a, je crois, adoré. C'est lui qui a vraiment découvert ce texte qui n'a jamais été joué en France et qui était vraiment une création. Michel, il m'avait vu dans les spectacles de Pierre Pradinas, et il m'a proposé le texte.

Comment se prépare-t-on à un tel rôle ? Quelles sont les sources d'inspiration ?

Romane Bohringer : On a beaucoup travaillé d'abord. Ca a été des répétitions très difficiles pour moi parce que j'étais toute seule. Très exigeantes... Un gros travail pour arriver à la maîtrise qui est la notre aujourd'hui (du texte, du rythme et du spectacle). Donc, beaucoup de questions que je me posais, en fait, les réponses étaient contenues dans le texte.

Comment on s'y prépare? Je crois que la réponse la plus complète c'est que quand on a affaire à un très beau texte, beaucoup de ce qui va nous aider plus tard est contenu dans le texte. C'est cette richesse qui en fait un beau spectacle.

C'est vraiment une histoire de fusion. C'est à dire que c'était vraiment une bonne idée je crois que Michel a eu de me le proposer à moi. Parce qu'on a assez vite fusionnés, moi-même avec le personnage de "Face de cuillère". Je crois que nous sommes trois ensemble : le texte, moi et Michel, on a fait un beau travail.

Les choses qui étaient difficiles à aborder c'était l'enfance, évidemment. C'était comment, moi à 34 ans, imaginer représenter une enfant sur scène. L'autre difficulté, c'était de rester extrêmement rigoureux par rapport à l'émotion. C'est à dire que le texte lui-même est déjà très chargé donc beaucoup de notre attention s'est portée aussi sur le fait qu'on devait rester extrêmement pudiques et droits pour ne jamais chercher à faire basculer le spectacle vers le...larmoyant.

Moi, mes sources d'inspiration, en fait, je suis complétement fascinée par le texte original et également par la traduction. Une de mes grandes questions c'était la légitimité de jouer une enfant sur scène. Et d'autant plus une enfant malade. Et comment le faire... Et parce que c'est un très beau texte et une belle traduction aussi je crois, toutes les questions que je me posais étaient solutionnées par le texte. Michel m'a réorienté tout le temps dessus. Et effectivement : tout est dedans. C'est écrit de telle manière que l'enfance, l'audace de cette enfant, son intelligence, sa vivacité, sa spontanéité... elle est contenue dans la manière dont est fractionné le texte.

La ponctuation est hyper importante dans le texte. Je la respecte à la virgule près. Et c'est presque la ponctuation qui donne l'enfance. "Face de cuillère", elle parle très vite. Elle parle beaucoup. Et elle a des espèces d'analyses extrêmement spontanées de la situation. Et tout son langage avec ses "tu vois le truc"... est indiqué dans le texte quand on s'y appuie et qu'on s'y réfère. C'est là que j'ai trouvé mes solutions sur l'enfance.

Michel a été très important sur la gestuelle. Evidemment, très vite on s'est demandé comment représenter l'enfance et la différence, donc il m'a beaucoup aidé à inventer des gestes toujours un peu décalés. De lui inventer un langage qui serait le sien. Les images physiques dont elle se sert pour exprimer les choses sont toujours un peu décalées donc... comment dire... petit à petit, on a trouvé une carte géographique au texte.

On a trouvé ses personnages et petit à petit habité tous les personnages qui peuplent la vie de "Face de cuillère". Voilà, le travail s'est essentiellement fixé sur la rythmique et la gestuelle.

... à suivre : la peur et la joie qu'elle a connues avec ce spectacle...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique du spectacle "Face de cuillère"
L'interview de Romane Bohringer part 2

Crédits photos : Laurent (Plus de photos sur Taste of Indie)
photos prises au Théâtre de l'Ouest Parisien avec son aimable autorisation


Nicolas Arnstam         
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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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