Musique   Théâtre   Expos   Cinéma   Lecture   Bien Vivre
  Galerie photos   Galerie audio
 
Activer le mode recherche avancée
Accueil
 
Stereophonics
Pull the pill  (V2)  octobre 2007

Peut-on encore s’enthousiasmer pour un disque de Stéréophonics ?

Avant de répondre à cette épineuse question qui se pose légitimement après 10 ans de loyaux services en faveur du rock, il est bon de se replonger un peu en arrière.

10 ans ! Putain 10 ans déjà depuis Words get around, le premier album de Stéréophonics et son Not up to you pour ne citer que lui. Alors forcément des souvenirs resurgissent. Un album presque de chevet puisqu’à cette époque, lorsque mes cheveux recouvraient élégamment mes épaules, j’avais même troqué ma Fender Stratocaster Japan contre une Gibson SG au gros son, fasciné par cette attaque franche.

Un son abrupt et saturé à l’envie, une rythmique abordable et la voix du chanteur Kelly Jones suffisamment cassée pour faire tomber les filles. La recette pour faire du rock était là sous mes yeux ou tout du moins à portée de mes conduits auditifs.

A vrai dire, et porté par un enthousiasme que je mettrais, avec le recul, sur le compte de l’insouciance post-adolescente, j’ai même acheté les deux albums suivants Performance and cocktails et Just enough education to perform with. Pourtant par la suite, de manière assez perfide, mon oreille s’est faite plus distraite à la voix rauque du Gallois.

Bon, je ne changeais quand même pas de fréquence quand j’entendais un de leurs morceaux sur mon autoradio cassette 2x2,5 watts, mais quelque chose avait changé, je le sentais bien. La lassitude ? Avais-je changé ? N’avaient-ils pas assez évolué ? Prendrai-je un dessert ou du fromage ? Qui était le responsable ? Mais parlons quand même un peu du présent et de Pull the Pill, 6ème album de Stéréophonics.

En tout premier lieu, les incontournables, les éléments éternels fondateurs de l’identité du groupe qui resteront bien après sa disparition. La voix, tout d’abord, ne change pas. Pas de prise inconsidérée de bonbons au miel ou de sirops à base d’eucalyptus pour l’éclaircir. Une voix écorchée, reconnaissable entre mille, mais qui peut lasser surtout si l’écoute se fait trop insistante. Les intonations de Kelly Jones, également immuables, font d’ailleurs penser à celles du précédent album qui elles-mêmes ... .

Ensuite, on retrouve un choix de rythmiques simples et accrocheuses, rentre-dedans et efficaces avec toujours les potars de la Gibson à fond et le double micro position haute.

Et pour finir, il ne faut pas oublier les mélodies efficientes et le petit larsen qui arrive en intro, comme pour rassurer l’auditeur sur le fait que l’on n’a pas oublié de mettre l’ampli sur la position disto.

Ce ne serait pas rendre justice à l’album que de ne pas mentionner l’effort graphique porté à la pochette. Une pochette suffisamment audacieuse, pour ne pas dire vilaine (il s’agit là bien sûr d’un jugement qui n’engage que moi ... et les personnes de bon gout) pour attirer l’œil et peut-être même entrer dans les anales du genre. Intérêt garanti et puisqu’il s’agit de deux bouches se partageant une goupille (cf. le titre), et on pourrait presque y voir une filiation possible avec celles de Superbus à défaut des Rolling Stones.

Néanmoins ne nous arrêtons pas à cela, car l’important est sensé se trouver à l’intérieur. De plus certains albums excellentissimes ont eu des pochettes à la limite du supportables (plus de noms, j’ai assez de soucis comme ça !).

Mais à l’écoute de l’album, on a la désagréable impression de déjà-vu (en français dans le texte), la sensation que Stéréophonics joue toujours sur le même créneau, avec une approche de la musique qui n’a pas beaucoup changé depuis une décennie. Passerais-je pour un vieux con si je demande à quand l’album de la maturité ? Mais pour qui écoute cet album en guise de première fois, cela peut passer. C’est carré, efficace comme toujours, et mélodique. Mais si on a les cinq précédents albums en tête, on n’y trouvera rien de nouveau.

Cependant, j’avoue, que j’ai pris un plaisir, presque coupable, à l’écoute de certains morceaux. Le single "It means nothing" est certes agréable à l’oreille et les autres ballades telles "Daisy Lane" ou "Bright Red Star" à l’arpège bi-notes acoustique, se laissent distraitement écouter sans néanmoins casser 3 cordes à une guitare.

D’autres chansons poussent à augmenter le volume de la chaine et on se prend à s’enthousiasmer sur "LadyLuck", "My Friends" ou "Pass the Buck". Mais rien que de très passager car finalement il s’agit toujours des mêmes recettes.

Il y a certains disques que l’on achète simplement parce qu’on possède les précédents. On se dit alors que ça ferait bien sur l’étagère acajou du salon d’avoir la discographie complète. Malheureusement, j’ai bien peur que cet album fasse partie de cette catégorie et pour ma part, j’ai su m’arrêter il y a déjà quelques temps.

Il n’en reste pas moins un album sympathique, du Stéréophonics pur jus, sans surprise mais aussi finalement sans déception. La question étant finalement de savoir quelle est l’attente que l’on en a. Chacun choisira...

PS : Pour ceux que ça intéresse, finalement, assez vite, j’ai mis ma SG au clou, et je me suis acheté une Fender Télécaster. On ne peut forcer sa nature profonde ...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album You gotta go there to come back de Stereophonics
La chronique de l'album Language. sex. violence. other? de Stereophonics
Stereophonics en concert au Festival Furia Sound 2008

En savoir plus :

Le site officiel de Stereophonics


Big Ben         
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album You gotta go there to come back de Stereophonics
La chronique de l'album Language. sex. violence. other? de Stereophonics
Stereophonics en concert au Festival Furia Sound 2008


# 24 août 2008 : Sur le chemin de l'école ...

Les jeux olympiques se terminent, les jours raccourcissent, les élèves chaussent leur cartable flambant neuf, pas de doute c'est la rentrée ce qui veut dire aussi rentrée artistique avec de nombreuses belles choses à découvrir. Voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"@#%&*! Smilers" de Aimee Mann,
"Hero Crisis" de Depth Affect,
"Placelessness" de Alina Simone,
"I know you're married but I've got feelings too" de Martha Wainwright,
"Party Animals & Disco Biscuits" de Kid Loco,
"Around the world" de Senor Coconut,
"Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust" de Sigur Ros,
"Doing the dishes" de The Nits,
"The Alchemy Index, Vol III & IV, Air & Earth" de Thrice
Retour sur le festival Fnac Indétendances 2008 avec une interview de son programmateur, Olivier Bas.
Et puis une très belle Froggy's Session de Katel, avec une fameuse reprise de Bjork !

Au théâtre :

"Big shoot" au Lavoir Moderne Parisien
"L'apprentissage" au Théâtre Les Déchargeurs
"Jean Harlow contre Billy the Kid" au Théâtre Les Déchargeurs
"Le divertissement royal - Les manants magnifiques et La pastorale comique" au Théâtre du Nord-Ouest
"A genoux" au Théâtre 14
"Manouche pas touche !" au Théâtre 14
"Sur liste rouge" au Théâtre 14

Exposition :

"Design contemporain finlandais - Promenons nous dans le bois" au Musée des Arts Décoratifs

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008