Drame de Shakespeare, mise en scène de Jean-Luc Mingot avec Jean-Luc Mingot et Aïcha Finance.
Un point lumineux, un intense regard, vert comme les cèdres du Liban, une femme repliée sur sa douleur et qui crie sa révolte : Lucrèce qui vient d’être violée par Tarquin.
Au-delà de la douleur physique, c’est la honte qui rejaillit sur elle, sur son mari, sur ses enfants, que crie Lucrèce. En ce XVIIème siècle où l’honneur prime Lucrèce préférera la mort à la honte.
Aïcha Finance prête son regard intense et sa magnifique voix à ce personnage de chair et de sang. Toute de frémissements et de passion, elle gardera tout au long de ce poème la noblesse absolue des héroïnes romaines jusqu’au sacrifice suprême.
Tarquin, lui, déchiré par sa passion absolue et son sens de l’honneur, cèdera à son désir presque malgré lui. C’est Jean-Luc Mingot qui offre au personnage de Tarquin sa sensibilité à fleur de peau et sa fragilité.
Ici rien de vulgaire, les comédiens servent avec sobriété et élégance un texte magnifiquement traduit par Jean-Luc Mingot qui signe aussi une mise en scène magnifiquement dépouillée où, au moment le plus crucial de l’action, la lumière de deux sphères bleues nous transporte dans un monde quasi irréel.
A noter le thème de la sarabande de Händel (thème cher au film "Barry Lyndon") qui, au travers de ses variations, nous mène peu à peu au paroxysme du drame.
Un magnifique chant brillement orchestré et interprété.
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