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Aldo Romano - Baptiste Trotignon - Rémi Vignolo
Flower Power  (Naive)  novembre 2006

Les reprises de grands classiques contemporains revisités à travers le filtre jazz font florès (cf. les brillantissimes compilations When jazz meets pop sortis chez Radio Nova, ou Maxence Cyrin et ses Modern Rhapsodies). Le contraire est quant à lui moins vrai, rares sont ceux qui ont vu Mick Jagger reprendre du Count Basie.

Une poigne mélodique dans un gant d’accords enrichis ; voila ce que représente les recovers de titres monumentaux de la pop et du rock par un ensemble jazz de talent. Et le Flower power d’Aldo Romano, clin d’œil évident à l’âge d’or des swingin’ sixties, est un brillant essai du genre, une récréation musicale. De l’élitisme musical à l’écoute du plus grand nombre.

Et ce qui pourrait s’avérer être un exercice de style fait de nouvelles vagues peu remuantes se trouve être justement le contraire. Le tracklisting choisi par Romano, Vignolo et Trotignon, trio parfait de gangsters de l’improvisation, est simplement parfait, mettant parfaitement en valeur ces perles pop, les malaxant, les enrichissant, longeant la côte de chacune des mélodies, n’en oubliant jamais la silhouette. Jazz. Musique du passé. Noir et blanc. Et pourtant, que dire si ce n’est s’ébahir lorsque les trois jazzmen décident de bousculer Polnareff, Gainsbourg, Robert Wyatt et The Doors ?

Disons le clairement. Flower power n’est pas un disque à passer dans les dîners en ville, encore moins dans les soirées à thèmes, les repas à plusieurs. Flower power s’écoute. Et se déguste. Une fois passé la première récréation un peu décevante ("Love me please love me" de Polnareff) car sans doute trop méconnaissable et lorgnant du côté de Petrucciani, la claque est forte, violente et terrassante à l’introduction de "Say it ain’t so" de Murray Head. Bam ! Klang ! Quatre minutes et vingt trois secondes d’émotion, balayant l’original d’un revers de main sur le clavier, car la recover de Romano & Co est simplement magnifique, conservant de l’original la structure mélodique, mais nous parlons ici de travestissement, d’enluminures. Et d’une longue improvisation crescendo, qui monte, tangue, malaxe, malaxe, avant de revenir sur le thème principal, comme un chat sur ses quatre pattes fragiles.

Et l’amateur de rock, le moindre mélomane ayant égratigné ses oreilles sur le meilleur des 60 dernières années ne peut que se pâmer d’entendre cette splendide version de "Sea song" de Robert Wyatt, initialement issu de Rock Bottom. On frise ici le génie. Car si l’original est d’emblée indépassable, Aldo Romano et son groupe parviennent cependant à faire chanter les notes instrumentales, faisant oublier la voix de Wyatt l’espace d’une chanson. Période incroyable d’improvisation sur le piano satanique qui s’emballe, part loin dans le cosmos. Puis supplice suprême. La reprise est enchaînée avec "Crying song" du Pink Floyd, période More. A ce stade plus rien n’étonne. Tout est sublime.

Les jazzmen commencent alors à sérieusement se mettre au travail. Avec un "Black dog" emprunté à Led Zep, ici joué version boogie méchant, martelant les graves comme Jerry Lewis. Version méconnaissable tout en étant fidèle. Ou comment tromper son mari tout en restant propre. Une fois passé "Your song" d’Elton John, un brin ennuyeuse, l’auditeur finit son orgasme sur "The End" de Big Jim Morrison. Intimiste, batterie qui chuchote, piano qui pleure. L’auditeur aussi. Larmes de joies, de voir enfin ses classiques avec de nouveaux habits. Le jazz, quoi qu’on en dise, sait encore se renouveler.

"Remake Remodel" chantait Bryan Ferry chez Roxy Music. Aldo Romano et sa bande ont assurément pris le titre au pied de la lettre en publiant l’un des meilleurs albums, l’un de ceux qui feraient passer les originales pour des copies.

 

Little Tom         
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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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