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Steeple Remove
Radio Silence  (Third Side Records)  octobre 2006

La nouvelle sensation kraut-pop est française, et ces deux incohérences (une nouvelle sensation dans le paysage rock français ; du kraut-pop ?) ont un nom : Radio Silence.

L’œuvre d’un gang, d’une horde, de Rouennais possédés, maltraités par l’héritage qu’ils ont su dilapider en monnaie sonnante et trébuchante. Une façon de porter la veste velours vintage à papa en tordant le col, faire du neuf avec l’ancien, sans paraître pour autant usurpateur. La radio du silence donc.

Et Steeple Remove vient d’accoucher d’une créature hybride avec la tête à papa (Kraftwerk) et les jambes à maman (My Bloody Valentine), construisant des cathédrales soniques comme d’autres des châteaux de sable, avec claviers glaçons, nappes de guitares shoegaze, fuzz grandiloquent.

Steeple Remove se place directement en tête des leaders du kraut-rock sur fond de dérives métronomiques, pratiquant l’über rock comme le Floyd période Barrett, Can ou Joy Division. Les trois réunis peut-être, remis à l’ordre du jour. Updaté en haut débit sur les autobahn allemandes sur lesquelles le groupe semble rouler en auto-stop, balancé entre les influences de Cluster, Kraftwerk et consort. Toute la horde de chevelus en tongues qui pendant 6 ou 7 ans parviendront à tordre le rock comme une barre en plastique brûlante et malléable.

Liste d’influence trop longue, mais plaisir certain. Car les instrumentales rageuses lorgnant vers le Sonic Youth ("Free Open Tune") côtoient l’indé psy 60’ ("Love machine") initié et clôturé par Syd Barrett avec son éternel "Lucifer Sam".

"Love machine", justement, qui trouve la force de dépasser la violente douceur des groupes français actuels avec une langueur de basse sordidement géniale, de vrais solos de guitare pas entendus depuis l’invention de la nouvelle scène rock parisienne. Un certain dédain du milieu qui donne la fraicheur, l’innovation d’une perle comme "Indoor reptile", sexuelle, martiale, vociféré par un chanteur en extase, quasi vaudou, flirtant entre le Prince pailleté des 80’ et le Michael Stipe des grands jours, lorsqu’il était n°1 des colleges radio US avec son "Low" de grande envergure.

Mais c’est bien sur le single stone défoncé "Desorient express" que Steeple s’approche le plus de REM, guitares noisy, batterie dilettante et froide, je-m-en-foutisme que seuls les grands nerds peuvent tutoyer sans vulgarité.

Le touriste aurait tendance à penser que le Krautrock est enterré six pieds sous terre, dénichable en vinyle ou en imports c’est selon. Mais il se joue ici à Rouen, capitale d’un jour de l’autre monde, avec de grandes espérances gazeuses ("Infinity net") sur fond de guitares plutoniennes. Message d’espoir pour les entités surhumaines, dérivant dans l’espace intersidérale à la recherche du lointain.

Le silence s’écoute donc en mode violent sur la platine. Et le rock français de reprendre des couleurs…

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Steeple Remove


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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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