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Apse
Spirit  (Acuarela)  décembre 2006

Tout commence par un rêve, et se prolonge dans la réalité post-rock de ce premier titre, "From the North", élévation frénétique vers la pesée des âmes, jugement dernier, l’éternité derrière la porte. Aujourd’hui que tout album classé rock indie vend au bas mot 50 000 albums en France, le Spirit d’Apse redonne un sens à l’indépendance. Et accessoirement une bonne claque au post-rock qui se perdrait jusque là en dérivations sonores bruitistes.

Apse, groupe quasi inconnu sur nos terres, sors donc un Spirit de New York, USA, avec une fraîcheur rarement entendue dans le low-fi expérimental, loin des ambiances fin du monde sur fond de distorsions qui traînent ça et là dans les rayons post-rock.

Dans le cas de Spirit, il faudrait sans doute parler d’après rock, de survie sonore avec cette incroyable montée en puissance perceptible sur "Legions", opus de sept minutes rythmées par une batterie sortie tout droit de Can, des chants indiens quasi vaudous, ambiance malsaine des rites où le sacrifice est nécessaire.

Les fantômes se toisent, se saluent, écoutant Boards of Canada et Radiohead, fêtant la fin d’une ère, le début d’un nouveau chemin, entre le new age et Mogwai. De qui Apse est proche tout en étant lointain. Proximité de l’instrumentale qui explose en cours de route, éloignement par le parti pris des américains à développer leurs compositions sur la longueur. Avec des cassures, des cicatrices ("From the north", à la limite pastiche intègre sur lequel Kevin Shields n’aurait pas craché) et des survivances.

L’incroyable particularité de cet OVNI, en un sens, est de proposer à l’auditeur une seule et même piste, bande-son d’un film imaginaire aux longs travellings sur la ville qui dort. Les pistes s’emboîtent les unes sur les autres, s’empilent comme les couches de synthés, s’énervent sur l’excellent "The Crowned" et ses batteries qui chevauchent, galopent avec rage. Et toujours ces chants incantatoires. Le chant grégorien n’est jamais très loin. A la différence près qu’ici le fil est électrique. Ou carrément fusion de blaxploitation et de new wave ("Blackwood gates").

Inconsciemment, Apse se rapproche de Thom Yorke et de l’électrocheap, tentation sublimée du laptop instrumental. Joué avec des boucles vocales dont le message n’est pas dans la parole, mais dans le rythme. Sexuel.

Sur le fil tendu. Fragile et complexe. Spirit est donc un grand album, que peu sans doute écouteront, mais qui laissera des traces. Qu’on espère indélébiles.

 

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# 20 juillet 2008 : Sous la plage, le rock

En fin de semaine ce sera l'ouverture de Paris Plage, anecdotique évènement s'il n'était couplé au festival Indétendances qui, cette année encore, vous proposera de découvrir quelques intéressants groupes en devenir, gratuitement, sur les quais de Seine ! A ne pas manquer donc, d'ici là, voici le sommaire de la semaine :

En musique :

Retrouvez le festival des Vieilles Charrues en deux parties avec le compte-rendu du jeudi puis du week end complet riche en plaisirs musicaux,
côté album, pas mal de belles choses avec :
"South of the rain and snow" de (Swell),
"Pleasure pressure Point" de Black Affair,
'A Thousands Sharks's teeth" de My Brightest Diamond qui nous fait également l'honneur d'une interview,
"LP3" de Ratatat,
"Many Things" de Seun Kuti & Fela's Egypt 80,
"Volume One" de She and Him,
"Postcards" de Sparkadia,
"Le temps de dire ouf" de Staël,
"The Heavy Circles" du groupe du même nom,
En concert, il ne fallait pas rater Eli "Paperboy" Reed and the True Loves à la Maroquinerie,
et puis nous feront un rapide retour sur la fête de la musique à Paris avec Moriarty, Deportivo et Beat Assailant.

Au théâtre :

"Toute seule... mais avec tout le monde" au Théâtre de l'Orme
"Ma femme s'appelle Maurice" au Théâtre des Nouveautés
"On purge bébé" à L'Etoile du Nord
"Un vrai nid d'amour" au Théâtre de l'Orme
"La part du loup" à La Villette
"Du bord à babord" au Théâtre de l'Orme
"Et Dieu oublia le prince charmant" au Théâtre Studio 77

Expositions avec "Annie Leibovitz - A photographer life, 1990-2005" à la Maison Européenne de la Photographie

Enfin du cinéma avec "Hancock"de Peter Berg

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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