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Rodin, les figures d'Eros
Musée Rodin  (Paris)  Du 22 novembre 2006 au 18 mars 2007

Le Musée Rodin a choisi de présenter en 2006 deux expositions successives de l'oeuvre graphique de Rodin dont il détient un très grand nombre de dessins rarement montrés.

Après les "Danseuses cambodgiennes", voici "Figures d'Eros" qui présente un exceptionnel ensemble de dessins et cinq sculptures.

De 1890 à 1917, la carrière dite "tardive" de Rodin est consacrée au dessin. Son œuvre graphique, méconnue du grand public, composée de plusieurs milliers de dessins, constituée essentiellement de nus féminins et plus particulièrement de représentations très réalistes du sexe féminin, pose la question de l'enjeu esthétique de la figure d'Eros, à la fois un des grands tabous de l’humanité et un thème majeur de l'histoire de l'art.

Rodin a révolutionné la sculpture en rejetant les codes de l’académisme et s’inscrit en précurseur de l’art moderne par des pratiques comme l’assemblage ou la fragmentation. Le même irrespect des conventions se retrouve dans ses dessins qui cependant s’inscrivent dans la pérennité de la représentation du noyau même de la vie et de la beauté, la création.

Ainsi, la Fondation Beyeler à Bâle a également présenté des aquarelles de Rodin dans une exposition "Rodin-Picasso" qui constitutait le premier volet dun diptyque sur le thème de l'Eros et dont le second est une rétrospective "Eros dans l'art moderne".

Rodin note dans ses carnets : "Comment décrire cette chair qui me rend si attentif ?".

C'est sur ce questionnement fondamental de l'artiste que s'ouvre la très sobre exposition que le Musée Rodin a voulu chronologique, et presque didactique, pour retracer l’évolution technique, esthétique et “intentionnelle” d’Auguste Rodin à travers des oeuvres d'une sublime beauté.

Car Rodin maîtrise toutes les techniques du dessin, souvent mêlés avec une rare efficacité, qu'il met au service de cette double recherche obsessionnelle, qui devient vertigineuse au fur et à mesure du temps qui passe : une recherche fondamentale des arts statiques, la traduction du mouvement (le Centre Pompidou propose en ce moment même sous le titre "Le mouvement en images" une exposition montrant comment ces arts se sont inspirés de la technique cinématographique) et une recherche plus philosophique, celle de la source de la vie, de ce que Courbet nommait "Les origines du monde".

De l’érotisme à la passion du corps féminin

Les premières oeuvres graphiques exposées sont des illustrations de textes littéraires : les "dessins noirs", dessins des amours infernales de Paolo et Francesca de "L'enfer" de Dante, découpés repris à l’encre de chine et gouachés, qui datent de ses recherches pour la "Porte de l’Enfer" et les illustrations pour "Les fleurs du mal" de Charles Baudelaire et "Le jardin des supplices" d'Octave Mirbeau.

 

 

 

Mais très vite, Rodin, passionné par le vivant et par les femmes, pour qui "Le corps est un moulage où s'impriment les passions", abandonne toute représentation convenue.

 

 

 

 

 


Rodin dessine des femmes qui se montrent, se dévoilent, s’exhibent sans aucune pudeur. Le modèle se meut frontalement devant l'artiste selon l'iconographie naturaliste des impressionnistes mais sans alibi de décor, sans détour.

Dans ses aquarelles blondes et roses, les gestes sont précis et sans ambiguité, le plaisir est langoureux et l'érotisme radical et incandescent.

L’insatiable soif du mouvement

"Soyez en colère, rêvez, priez, pleurez, dansez. C’est à moi de saisir et de retenir la ligne qui me paraît vraie." Rodin veut absolument donner l'illusion du mouvement en captant le fugitif d'une attitude spontanée ou en provoquant, par des poses alambiquées, "l'instant décisif" qu'il captera par sa technique qui est de dessiner sans quitter le modèle des yeux.

L’inextinguible quête démiurgique

Puis Rodin dépasse le stade de la simple pulsion érotique, qui n'est qu'un avatar d'Eros, principe de vie qui s'applique aussi à l'art envisagé comme puissance créatrice.

Rodin, le colosse de Meudon triturait, pétrissait, malaxait la terre pour créer des corps qui en jaillissait sous l'action de ses mains.

En sculpture il s'est concentré sur le torse comme source d’énergie créatrice ; le sexe de la femme, objet de désir, source de vie, va devenir le centre du dessin autour duquel tout s'ordonne.

Un tout d'ordre métaphysique ou spirituel puisqu'importent peu le lieu, les visages, les membres.

 

Rodin cherche l’infini. "Les lignes et les nuances ne sont pour nous que les signes de réalités cachées. Au delà des surfaces, nos regards plongent jusqu’à l’esprit, et quand ensuite nous reproduisons des contours, nous les enrichissons du contenu spirituel qu’ils enveloppent."

 

 

 

 

 

Et c’est par son sexe exhibé, cette "bouche d’ombre", qu’Iris, la messagère des dieux sans visage, invite à sonder le mystère originel.

En divinisant la nature, Rodin poursuit son oeuvre créatrice et s'identifie avec Dieu.

 

"On croit que nous ne vivons que par nos sens et que le monde des apparences nous suffit. On nous prend pour des enfants qui s’enivrent de couleurs chatoyantes et qui s’amusent avec les formes comme avec des poupées... L’on nous comprend mal." Auguste Rodin

Crédits photos : DR
avec l'amabilité du musée Rodin


MM         
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En musique :

Retrouvez le festival des Vieilles Charrues en deux parties avec le compte-rendu du jeudi puis du week end complet riche en plaisirs musicaux,
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'A Thousands Sharks's teeth" de My Brightest Diamond qui nous fait également l'honneur d'une interview,
"LP3" de Ratatat,
"Many Things" de Seun Kuti & Fela's Egypt 80,
"Volume One" de She and Him,
"Postcards" de Sparkadia,
"Le temps de dire ouf" de Staël,
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En concert, il ne fallait pas rater Eli "Paperboy" Reed and the True Loves à la Maroquinerie,
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Au théâtre :

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