Monologue polyphonique de Catherine Benhamou, mise en scène de Gilles Bouillon avec Catherine Benhamou.
Une comédienne, qui vient de perdre sa mère, joue le rôle de la mère morte cloîtrée dans une poubelle dans "Fin de partie" de Samuel Beckett. Pendant que la pièce se joue, une autre histoire, l’invocation des morts, se déroule et s’écrit dans ce lieu confiné et mortifère, dans un ailleurs "Hors jeu".
Sur scène, la comédienne c’est Catherine Benhamou. C’est elle qui était dans cette poubelle et qui est l’auteur du texte. Une comédienne magnifique qui a porté son histoire comme on enfante sa propre vie. Sa nouvelle vie après le travail de deuil. Deuil de la mère mais aussi deuil de son enfance, seconde naissance tout aussi tragique puisqu'avec la mort des parents on est placé en tête de liste pour le prochain voyage.
Le monologue mental initial devient un monologue polyphonique, constitués de multiples strates de lecture, où sont conviés l’actrice, la femme, la mère, l’institutrice, Beckett lui-même, dans le télescopage des espaces temps qui rend tout possible. Un monologue intelligent d'une belle écriture qui, sans jamais verser ni dans le pathos ni dans la masturbation intellectuelle, livre autant de réflexions sur l'intime que sur l'acte d'écriture et le théâtre et distille aussi quelques passages cocasses et drolatiques où l'absurde côtoie le rationnel .
Dans la mise en scène épurée de Gilles Bouillon et la scénographie singulière de Nathalie Holt, cela est devenu une représentation théâtrale dans laquelle Catherine Benhamou véhicule une sensibilité et d'une émotion rares.
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