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Gravy
Gravy  (Pony Records)  septembre 2006

Happy here, happy it is….La pop nordique se porte bien, il a enlevé ses mitaines, pissé sur ses bas, troqué sa culotte contre un riff.

Et ce n’est pas la surf music baltringue de Gravy qui chantera le contraire, car Gravy, album éponyme, surprend par ses influences et son sens du contrepoint. Son danois de leader, Nikolaj Grummesgaard, offre avec ce premier album un condense de décontenancement musical, plus proche de la pop noisy bricolo Weezer que du rock garage auquel on l’étiquette à tort.

Gravy le groupe sors donc Gravy l’album, mélange subtil de pop 60’ toute sucrée dedans ("Remember me" et ses guitares en barbapapa Beatles), enregistrée dans le garage au papa qui vend sûrement des meubles Ikéa. Gravy semble loin des clichés, s’en fout du moins, produit 11 galettes sans sel ne durant pas plus de trois minutes chacune et pas moins de deux ou trois singles potentiels dans un monde merveilleux où les radios diffuseraient la qualité et les auditeurs achèteraient les albums. Autant commencer ici et maintenant, le rêve et l’illusion.

Sans se taper le membre par terre, on décèle ça et là des moments de musique unique, sorte de crossover entre les 60’ des Trashmen et Duane Eddy (pour la surf music indépassable) et les 70’ psyché ("Amon Duul" et "Hapshash and the coloured heat" pour le refus des structures classiques), voire même un relent de 90’ arty/dirty sur le très My Bloody Valentine "Do I feel free".

Les yeux clos, l’auditeur pourra même voir Fonzie de Happy days débarquer dans le bar, sur le très teenager "Can’t you see", frôlant même le gimmick innocent du générique de Friends. Si Gravy flirte souvent avec le limite, leur écoute prolongée de Pet Sounds et Smile les sauve souvent des catastrophes, et l’on peut retrouver les harmonies Bouglione (xylophones, piano, batteries syncopées, orgues) si chères à Wilson Brian.

Et puis, au détour d’une rue guimauvée, on tombe sur le tube évident, piste 4, "Shine on us", mélange de trop de choses pour qu’on les résume, avec la batterie martiale et les guitares en fuzz, l’orgue qui vibre dans le fond, peut être un clavecin, et ces voix doublées qui rappellent Arcad fire…. Clairement une autre époque.

Le pathos et le spleen semblent être des jurons au pays des danois, jamais, jamais glauques, portés par l’espoir du Nord comme seule lumière, ils tirent leur pop vers des cimes agréables et gratuites (l’intriguant "Party in the mens room", uh uh…). On marche, on avance en terres inconnues et l’on tombe sur un autre single, "Behind my wills", avec un énorme riff en mise en bouche, très lads dans l’esprit, proche de l’Angleterre en lui léchant les côtes, mais revenant vite à sa base pop, avec l’éternel refrain de la voix qui suit la partie mélodique de la guitare.

S’en suit un coup de bambou pop, oui, Gravy sort un premier album d’excellente facture, pondu dans l’artisanat, comme les premiers Beatles justement, où la voix et les harmonies faisaient tout par ses petits riens. Ces petits riens, c’est déjà tout. Achetez Gravy.

 

En savoir plus :

Le site officiel de Gravy


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Les jeux olympiques se terminent, les jours raccourcissent, les élèves chaussent leur cartable flambant neuf, pas de doute c'est la rentrée ce qui veut dire aussi rentrée artistique avec de nombreuses belles choses à découvrir. Voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"@#%&*! Smilers" de Aimee Mann,
"Hero Crisis" de Depth Affect,
"Placelessness" de Alina Simone,
"I know you're married but I've got feelings too" de Martha Wainwright,
"Party Animals & Disco Biscuits" de Kid Loco,
"Around the world" de Senor Coconut,
"Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust" de Sigur Ros,
"Doing the dishes" de The Nits,
"The Alchemy Index, Vol III & IV, Air & Earth" de Thrice
Retour sur le festival Fnac Indétendances 2008 avec une interview de son programmateur, Olivier Bas.
Et puis une très belle Froggy's Session de Katel, avec une fameuse reprise de Bjork !

Au théâtre :

"Big shoot" au Lavoir Moderne Parisien
"L'apprentissage" au Théâtre Les Déchargeurs
"Jean Harlow contre Billy the Kid" au Théâtre Les Déchargeurs
"Le divertissement royal - Les manants magnifiques et La pastorale comique" au Théâtre du Nord-Ouest
"A genoux" au Théâtre 14
"Manouche pas touche !" au Théâtre 14
"Sur liste rouge" au Théâtre 14

Exposition :

"Design contemporain finlandais - Promenons nous dans le bois" au Musée des Arts Décoratifs

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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