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Tamara Williamson
The boat  (Ocean Music)  mai 2006

Ce n’est guère gai. A peine plus doux que la mort. Un poil plus vivant sans doute. De plus glauque, on n’avait alors connu que le Dyed in the wool de Shannon Wright. Peut-être les Murder ballads de Nick Cave, pour les plus aventureux, mélangeant joyeusement le valium et la nicotine en toute occasion, s’illuminant la face à l’écoute de Buckley ou des méandres du Cash période Rick Rubin.

Bref. Les névrosés amateurs de fantômes aux ombres fuyantes, le trémolo au fond du drap à deux trous qui les cache.

La canadienne Tamara Williamson, avec son The Boat s’inscrit directement sur la liste des prétendants au depressive contest. Et de bien belle manière, car si les névroses musicales sont souvent les plus belles, le Boat de Tamara navigue sans dérive en eau trouble.

Et commencer cet album solo de cet manière, c’est en quelque sorte signer son arrêt de mort commercial, renoncer aux passages sur MCM, MTV, Libération, dans une moindre mesure. Car l’americana de Tamara est belle, sur le fil, chant en équilibre instable, sorte d’équivalence féminine de Daniel Johnston.

Et "The Story", chanson d’ouverture terrible de lucidité, se déroule en arpèges mineurs, riche d’accompagnements en claviers, batterie qui frappe à côté, toujours juste, et… voila. L’auditeur est sous le charme au bout de trois chansons, "Self boubt"commence et c’est un pan de mur angélique qu’on se prend sur le cartilage. "I’m good inside" pleure Tamara Williamson, et nous bien forcés d’y croire, qui flanchons, sous le poids des chœurs parfaits.

The Boat, avec ses neuf perles émotionnelles, se décompose comme autant de contes maléfiques, des histoires pour enfants pas sages, pas prêts à dormir de si tôt. Tamara c’est un peu Martine à la plage, Martine à la campagne. Tamara plays "The Beginning", ouverture intimiste, Tamara plays "The dream" sous influence Shannon Wright, Tamara plays la rage folk qui explose sur "The Journey", Tamara fait sa Cat Power sur "The land"…

Et réussit son tour de passe-passe avec une seule guitare acoustique pour trousseau de clefs. Sa voix filtrée en ferait presque oublier qu’ici, il est question d’atmosphères et d’ambiances, plus que de mélodies. Tamara c’est tout un monde, un bout du Canada que la dame parvient à communiquer. Mieux que Linda Lemay oui, c’est évident.

The boat n’est pas une croisière qui s’amuse, c’est un radeau qui réfléchit. Avec pour unique objectif la terre ferme. On pourra penser, au mieux, au sublime album de Shearwater (Palo Santo) pour l’accompagner sur la route.

The Boat est un bon album, The Boat devrait être remboursé par la Sécu, The boat ne donne pas le mal de mer. Achetez The Boat.

 

En savoir plus :

Le site officiel de Tamara Williamson


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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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