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Rue Katalin
Magda Szabo  (Editions Viviane Hamy)  septembre 2006

Ce roman commence par deux pages en prologue. En exergue plutôt.

Deux pages d’une langue si belle, empreintes d’une grâce sublime, qui synthétise la quintessence de l’existence humaine, quand la conscience accède à son essence. Deux pages d’une telle lucidité, d’une telle intelligence et d’une telle évidence qu’elles ne peuvent empêcher les larmes d’emplir les yeux.

A en laisser le lecteur pantois, assommé, médusé, se dire que jamais plus il ne pourra lire une ligne de plus. Que tout a été dit et écrit.

Le livre tombe des mains. Refermé. Et puis, on l’ouvre à nouveau et on relit ces deux pages. L’effet de surprise passé on se dit que le texte va perdre en puissance. Et non. Même texte, mêmes effets. Et il faut presque s’imposer de les occulter pour poursuivre.

Avec sa plume magique, son verbe magnifique, Magda Szabo prend le lecteur par la main et par le cœur pour l’entraîner vers une rue de Budapest, la rue Katalin, de 1934 à 1968, à la recherche du temps perdu, ou du temps retrouvé, celui qui unit les morts encore vivants et les vivants déjà morts, tel un fil n’est jamais rompu.

Les petites maisons de la rue Katalin dans lesquelles vivaient trois familles n’existent plus et pourtant l’ombre de leurs occupants y rôdent à jamais comme des fantômes bienveillants. Trois familles prises dans la tourmente de la guerre et de l’histoire de la Hongrie, quatre personnages pris dans celle des sentiments. Balint, Henriette, Iren et Blanka voyagent dans le temps et leurs voix et leurs pensées se mêlent, se répondent en écho. Le passé surgit dans le présent avec des jeux de miroirs.

Chaque personnage, chaque être humain, reste un mystère même si Magda Szabo, par une fine introspection psychologique et une vraie connaissance, celle du cœur et de l’âme, soulève le voile. Elle ressuscite le temps non pas comme un assemblage de souvenirs mais comme une résonance interne. Et le temps, élément séparateur qui produit l’angoisse existentielle, devient le temps retrouvé.

 

"Ce travail de l’artiste, de chercher à apercevoir sous la matière, sous de l’expérience, sous des mots, quelque chose de différent, c’est exactement le travail inverse de celui que, à chaque minute, quand nous vivons détourné de nous-même, l’amour-propre, la passion, l’intelligence et l’habitude accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie." Marcel Proust (in "Le temps retrouvé")


MM         
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# 29 juin 2008 : Passe ton bac d'abord...

Alors ca y est, certains d'entre vous attendent fébrilement les résultats du bac. d'autres sont déjà en vacances et d'autres encore passerons une grande partie de l'été au bureau ou à l'usine. Point de villégiature pour Froggy's Delight et, où que vous soyez, vous pourrez suivre l'actualité culturelle vue par le petit bout de sa lorgnette. Mais voici plutôt le programme de la semaine :

Côté musique

"Ghosts from the past" de Bang Gang,
"Neptune" de Duke Spirit,
"Gospel Bombs" de Vincent Vincent and the Villains,
"Workout holiday" de White Denim,
"Sun Giant Ep" de Fleet Foxes,
"Attack & Release" de Black Keys,
Ian Kent & the Immigrants, Lugo, K6 et La Phaze sont dans le Ni vus ni connus estival,
une interview de Pedro Winter
camera, Purple Crush, Electro Sexual et Candy Clash live à la Flêche d'or
et un avant dernier Morceau caché avant la fin de la saison, la première partie de l'émission consacrée aux "traductions et glissements" ...

Au théâtre :

"2147, l'Afrique" à La Villette
"Monsieur le Président" à la Manufacture des Abbesses et une interview de Sophie Vonlanthen la co-directrice du théâtre
Les Journées de Juin au Conservatoire Nationale Supérieur d'Art Dramatique avec les élèves de 3ème année :avec "Ma vie est un roman qui m'intéresse beaucoup" et "La nuit des buveurs"
et dans le cadre des Scènes d'été au Théâtre 13 : "Franck V" et "Nous, les héros"
et toujours à l'affiche "Charles Gonzales devient Camille Claudel" au Théâtre des Mathurins

Exposition avec "Jorg Lozek - In zimmer" à la Galerie Daniel Templon

Et puis du cinéma aussi avec :

"Le Monde de Narnia : Chapitre 2 - Prince Caspian" de Andrew Adamson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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