Musique   Théâtre   Expos   Cinéma   Lecture   Bien Vivre
  Galerie photos   Galerie audio
 
Activer le mode recherche avancée
Accueil
 
Lee Friedlandler
Musée du Jeu de Paume  (Paris)  Du 19 septembre au 31 décembre 2006

Au Jeu de Paume, la rétrospective "Lee Friedlander", un des géants américains qui a façonné l’histoire de la photographie moderne, c’est un demi-siècle de photos relaté en près de 500 images.

Et pourtant Lee Friedlander n’est pas un photographe à tirage monumental, un photographe racoleur dont les panneaux multicolores vous happent au passage.

De petits format, en noir et blanc, qui obligent le visiteur à se rapprocher pour entrer dans son œil même si le visiteur est accueilli par quelques tirages en couleur, un mur jaune vif, de portraits de musiciens et chanteurs de jazz, parmi lesquels on reconnaît entre autres Aretha Franklin et Miles Davis, réalisés vers la fin des années 50.

Un œil qui s’inscrit comme héritier d’une lignée de photographes qui se relaient, en quelque sorte, d’Eugène Atget, le pionnier de la photographie pure et du reportage, et de la photographie documentaire de Lewis Hine à la photographie expressionniste de Robert Frank en passant par la "stright" photographie de Paul Strand et la photographie inconsciente et instinctive Walker Evans.

Si l’on excepte ses séries de photographies "nature morte" comme les photos de statuaire italiennes "Staglieno" et la série "Nudes" à l’esthétique très formelle, sans artifice, des nus bruts,

le parcours chronologique et thématique de l'exposition permet de découvrir son travail, décliné en séries donnant lieu à de superbes portfolios, qui s’oriente selon 2 axes majeurs et récurrents : l’Amérique documentaire et le portrait.

A travers cette exposition, comme Proust, Lee Friedlander ne parle finalement que de lui et rien de plus subjectif que ses photographies qui respectent une exigence d’objectivité. Son ombre, signature ou clin d’œil à la Hitchcock, plane sur les paysages arides, quand il ne surgit pas tel un monstre fantomatique derrière un buisson, comme sur la ville, et il est souvent son propre matériau.

L'Amérique documentaire

L’Amérique de Lee Friedlander c’est aussi bien celle de la métropole newyorkaise que celle de son Ouest natal.

Lee Friedlander photographie les ouvriers d’usines ("Factory Valleys") comme les monuments ("The American Monument") sans implication signifiante. L’image parle d’elle-même comme les graffitis ("Letters From the People").


Les chambres d’hôtel ne sont habités que par les téléviseurs allumés, les monuments aux morts sont abandonnés, la ville ne se perçoit que dans le rétroviseur d’une voiture ou dans les reflets.



Et on retrouve souvent la même structure. Le premier plan est constitué de grillages des palissades et les panneaux de signalisation zèbrent l’arrière plan.

Il en est de même pour les photographies du désert américain qui le passionne : frondaisons légères outroncs tortueux forment comme un écran à travers lequel se dessine ou se devine le paysage.

A la recherche du temps présent : portraits et autoportraits

Lee Friedlander photographie les américains, sa famille, ses amis. Mais aussi lui-même. Sans complaisance ni narcissime. En ombre portée mais aussi en autoportrait les yeux souvent clos, l'expression figée, semblable à un masque mortuaire, et puis cet extraordinaire portrait, le visage sur le siège d'une chaise, lunettes à la main, comme terrassé par l'ombre du trépied photographique.

Une remarquable exposition pour laquelle il faut absolument prendre son temps pour entrer dans l'oeil de Lee Friedlander.

 

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation du Jeu de Paume


MM         
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 14 juillet 2008 : La révolution culturelle toute l'année avec Froggy's Delight

Cette semaine c'est un feu d'artifice de spectacles, de festivals et de concerts. Froggy's Delight sera à vos côtés tout l'été pour vous parler des festivals, d'Avignon, des disques et des spectacles de la rentrée. En attendant, voici le programme :

En musique :

Retrouvez le compte rendu du festival des Eurockéennes de Belfort, le Vendredi, le Samedi et le Dimanche,
Egalement au programme le festival Musique en Stock de Cluses, le Jeudi, le Vendredi et le Samedi,
Et puis nous vous dirons quelques mots de Radiohead au Main Square festival d'Arras,
Enfin, le concert évènement de la semaine c'était My Bloody Valentine au Zénith de Paris avant leur passage à Benicassim !

Au théâtre :

"Les poètes mentent mal" à l'Etoile du Nord
"Sirenade" au Théâtre Darius Milhaud
"Le dernier cri" au Théâtre Silvia Monfort
"Annabelle et Zina" à l'Aktéon Théâtre
"George Dandin" au Théâtre du Nord-Ouest
"Conversations entre snobs" au Théâtre de l'Orme
"Chlore-Froissements de nuits-Terre parmi les courants" au Théâtre Silvia Monfort
"Le sacre du printemps" à la Grande Halle de La Villette
"Cellule 719" au Théâtre de l'Orme
et la reprise de "Mère Courage et ses enfants" au Théâtre Artistic Athévains et "Le Tour du monde en 80 jours" au Café de la Gare
en direct d'Avignon "Isidore et la plume bleue" au Théâtre La Luna et "Scaramuccia" au Collège de la Salle
l'interview de Yann Reuzeau, co-directeur de la Manufacture des Abbesses qui programme cet été "Monsieur le Président" et reprend deux succès : "Pourquoi j'ai mangé mon père" et "Tais-toi et parle moi"
et l'entretien de juin 2008 avec Jean-Laurent Cochet qui répond au questionnaire de Proust

Expositions avec :
"William Klein - Dressage" à la Maison Européenne de la Photographie
"Leonora Carrington - La marièe du vent" à la Maison de l'Amérique Latine
et "Eric Aupol - Clairvaux" à la Maison Européenne de la Photographie

Et puis du cinéma avec :
Le festival Filmer la musique #2,
"Bons baisers de Bruges" de Martin McDonagh,
"Diary of the Dead" de George A. Romero dont nous avait déjà parlé Sabine,
"Faux Semblants" de David Cronenberg alors que la Mouche se joue en comédie musicale à Paris,
"Speed Racer" des frères Wachowski

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008