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Mièle
Mièle  (Humpty Dumpty / Rue Stendhal)  octobre 2006

L’aventure commence ici, en Belgique, année 00.

Et les plus lents des moins rapides ne saisissent pas que le rock se fait LA, en pays plat, à l’abri des batteries binaires et des accords en majeur. Loin des fish & chips, loin du star & strass, loin de l’Angleterre, vérolée comme la Tatcher avec un rock, disons, classique (N’en déplaise aux fans de Razorback).

Loin de tout la Belgique est, reste, existe. Et si les retardataires s’accordent à dire que depuis 3-4 ans des groupuscules majeurs (Ghinzu, dEUS, Venus, Major Deluxe, Ozark Henry, Sharko, en vrac) s’activent en Belgique, les défricheurs savent. Que le rock a changé de propriétaire, il a trouvé meilleur dealer. Et le pire, c’est que ces Belges chantent en anglais, ultime pied de nez aux rockers du bras d’honneur. Belgique année 00. Tout se passe ici et ailleurs.

Miele, le dernier rejeton, est différent, mais dans la continuité. Miele chante en français, et, c’est un brin facile, pourrait se perdre dans le flot des groupes qui butinent en Belgique. Oui mais.

Le groupe fondé en 1998 par Stéphane Daubersy et Catherine De Biasio est déjà rodé. De tests démos en additions fortuites (Frank Baya, actuel batteur de Françoiz Breut et Gregory Rémy, guitariste de Ghinzu), Miele devient une machine de guerre poétique et atmosphérique, prête à balancer en accusé de réception sa pop incisive sur les contrées en guerre.

Pendant près de 3 ans, Miele attend son heure. Et sort du bois ce premier album éponyme en dents de scie sexy. Des ballades de rock contenu chanté avec candeur christique ("Jésus II") juste bonnes à rendre heureux, des chansons aux titres improbables ("Je vous avoue Mireille"), des allers retours vocaux entre Stéphane et Catherine en forme de passage de témoins.

L’album est bon car divers, naviguant entre low-fi française et rock musclé mode Ghinzu, balancé, cadencé par les rythmes sexuels hybrides des auteurs de "Blow". Et s’il ne devait en rester qu’un, de titre, cela serait sans doute celui-là !

Les chiffres rouges, ultime envolée lyrique portée par le son des guitares de Gregory Remy de Ghinzu, qui parvient à imposer sa patte avec ce rock génétiquement travestie, alternant entre rock et electro, une valse à mille temps des sentiments portée par la voix fantomatique de Catherine De Biasio. Une chanson pour tout casser, un titre à tout emporter. Orgasme fulgurant d’un groupe sans concession prêt à jouir sur l’instant mélodique.

Le groupe Miele souffle donc le chaud et le froid, sans décider vraiment de son étiquette et de sa direction. Par ici le glauque acoustique made in Belgium ("Les méfaits", "Les eaux troubles") comparables aux compositions Venusiennes, par là les musiques de cirques électrique en forme de cabaret rock instrumental ("Gladiator"), le groupe Belge joue aux fléchettes en touchant à chaque piste une cible différente.

Disque polymorphe écoutable selon les chansons en période d’accalmie ou d’urgence. Le nouveau genre, le rock bipolaire à l’horizon, Miele convainc d’autant plus sur ses titres enlevés comme "Vois tu", caressant le rock à Gainsbourg "L’homme à tête de chou" dans le sens du jack.

Le collectif Belge joue les extrêmes sur "Rock", bordel foutraque crié plus que chanté et finalement se fout des conventions. Le rock comme l’addition des autres genres, du surf au blues, du folk à la variété.

Et oui, incontestablement, si l’on devait parler de nouvelle scène française, il faudrait sans nul doute parler de Miele, groupe Belge.

 

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L'interview de Mièle (13 octobre 2006)

En savoir plus :

Le site officiel de Miele


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# 24 août 2008 : Sur le chemin de l'école ...

Les jeux olympiques se terminent, les jours raccourcissent, les élèves chaussent leur cartable flambant neuf, pas de doute c'est la rentrée ce qui veut dire aussi rentrée artistique avec de nombreuses belles choses à découvrir. Voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"@#%&*! Smilers" de Aimee Mann,
"Hero Crisis" de Depth Affect,
"Placelessness" de Alina Simone,
"I know you're married but I've got feelings too" de Martha Wainwright,
"Party Animals & Disco Biscuits" de Kid Loco,
"Around the world" de Senor Coconut,
"Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust" de Sigur Ros,
"Doing the dishes" de The Nits,
"The Alchemy Index, Vol III & IV, Air & Earth" de Thrice
Retour sur le festival Fnac Indétendances 2008 avec une interview de son programmateur, Olivier Bas.
Et puis une très belle Froggy's Session de Katel, avec une fameuse reprise de Bjork !

Au théâtre :

"Big shoot" au Lavoir Moderne Parisien
"L'apprentissage" au Théâtre Les Déchargeurs
"Jean Harlow contre Billy the Kid" au Théâtre Les Déchargeurs
"Le divertissement royal - Les manants magnifiques et La pastorale comique" au Théâtre du Nord-Ouest
"A genoux" au Théâtre 14
"Manouche pas touche !" au Théâtre 14
"Sur liste rouge" au Théâtre 14

Exposition :

"Design contemporain finlandais - Promenons nous dans le bois" au Musée des Arts Décoratifs

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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