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The Pipettes
We are The Pipettes  (V2)  août 2006

Elles sont pas mal les Pipettes, enfin, deux sur trois, c’est déjà pas mal. Et puis elles ont l’indémodable robe à pois qui est revenue à la mode.

On ne voit que cela en ce moment, Zara en a des rayons complets de fringues sixties. Il y a même les manteaux de Jacky Kennedy, les blancs avec des motifs polaires… cet hiver promet d’être encore plus nostalgique que l’année dernière.

La démarcation, de plus en plus flagrante avec les années 90. Alors que la décennie 90 commence à prendre un sacré coup de vieux ; la 2000 ne vit que dans la nostalgie, la reprise de choses qui ont déjà 40 ans. Il y a une ambiance que l’on a beaucoup de mal à capter à nouveau, l’année 91, les talk show débiles du vendredi soir, la TV dans sa plus grande heure, le grunge se battant avec Michael Jackson, le retour des vrais gangsters au cinéma, Gary Oldman en Dracula.

La musique évoluait encore un peu, pataugeait pas mal, mais creusait. Aujourd’hui on refait tout à l’identique, ou beaucoup plus proche du patron d’origine. Phil Spector, les Pipettes, on ne voit que cela chez elles. Toute cette sacrée pop baby boomer, le droit de sortir le tube ultime et d’être oublié peu de temps après. Sheila en forme olympique.

We Are The Pipettes c’est cette basse bizarroïde qui fait régner un air flottant, les claviers franchement vintage. Et là dessus elle balance la chanson à trois, le phrasé si pop, les paroles et les rimes tombant pile sur le tempo. Un phrasé a la Surf, le girls band français des 60’s.

Alors elles chantent les trois de front, en claquant des doigts, lancent leurs bras en avant, tordant légèrement des hanches en même temps. Tout le Saint Glin Glin de l’imaginaire collectif. Il n’y avait pas de clip à l’époque, il n’y avait que les émissions TV du Dick Sullivan Show jusqu'à Salut les Copains. Et les Pipettes sont comme cela, une sorte d’image d’archive, l’image d’un Spector gagnant son pari d’être éternel après "Let It Be", "The End Of The Century" et je ne sais quel autre album mythique. Il y a les violons, la guitare qui gratte bien les cordes aigues sur les accords, les cœurs en reprise des derniers mots du couplet… Comment faire pour expliquer une chose cent fois entendue, la base de la musique pop.

Et les enfants qui disaient à leurs parents "Tu nous fait chier avec tes vieux disques" vont bien se retrouver cons aujourd’hui. En plus quel est le sens d’écouter cela, d’adhérer à des chansons qui disent : "Your Kisses Are Wasted On Me" avec les tendances sexuelles contemporaines.

L’époque est aux Pipettes et aux anneaux vibrants Durex. Joli tableau, des assistés sexuels dansant comme les premières prudes, les Blanche Neige du pauvre. Alors bien sûr, c’est le second degré, faire une intro de chanson qui ressemble à "Stand By Me" de B.E.King, ça ne peut être que du second degré.

Mais quant aux jeunes filles qui vont se réveiller le matin avec la mine fraîche, à l’haleine même pas chargée, le tampon odeur fleur d’été bien placé et les cheveux pas trop gras ; qui vont commencer la journée sur une chanson qui s’appelle "Judy", les doigts claquant, l’orgue menant l’ambiance, les cœurs en polyphonie "Kind of cool ", "Around of school" puis la explosion "Juuudyyy/ what you gonna doooooo"…

Que recherchent ces filles là après tout. Se réveiller avec une ambiance de générique à la "Britney Jones 3" ce n’est pas anodin. Il paraît que les airs des années 60 sont fédérateurs, que c’est là que les gens se reconnaissent et se sentent bien. Alors les Pipettes ont leur place, elles sont l’armes de destruction massive, celle que l’on pourra vendre comme le CD anti-morosité. Il y a bien des CD pour arrêter de fumer, quelle connerie. Mais de là à dire que ce sera la nouvelle idole des jeunes…

Si les Artic Monkeys se sont plantés, les Pipettes on encore moins de chance. Non, plus un groupe pour jeunes actif/vieux bobos, en manque d’affection et qui trouve ce monde triste… le genre à dire devant les info "Et voila, toujours des mauvaises nouvelles!" soit l’un des lieux communs les plus stupides.

Les Pipettes c’est le remède à la guerre en Irak, au problème Israël vs Ses Voisins, à la tyrannie de votre patron ou à ce gros empaffé de 3éme qui ne cesse de cracher sur votre nouveau blouson. C’est toute l’innocence des 60’s vendue à grande échelle. Pffffff, qu’est ce que l’on peut regretter cette sacrée guerre froide !!

 

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En savoir plus :

Le site officiel de The Pipettes


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# 20 juillet 2008 : Sous la plage, le rock

En fin de semaine ce sera l'ouverture de Paris Plage, anecdotique évènement s'il n'était couplé au festival Indétendances qui, cette année encore, vous proposera de découvrir quelques intéressants groupes en devenir, gratuitement, sur les quais de Seine ! A ne pas manquer donc, d'ici là, voici le sommaire de la semaine :

En musique :

Retrouvez le festival des Vieilles Charrues en deux parties avec le compte-rendu du jeudi puis du week end complet riche en plaisirs musicaux,
côté album, pas mal de belles choses avec :
"South of the rain and snow" de (Swell),
"Pleasure pressure Point" de Black Affair,
'A Thousands Sharks's teeth" de My Brightest Diamond qui nous fait également l'honneur d'une interview,
"LP3" de Ratatat,
"Many Things" de Seun Kuti & Fela's Egypt 80,
"Volume One" de She and Him,
"Postcards" de Sparkadia,
"Le temps de dire ouf" de Staël,
"The Heavy Circles" du groupe du même nom,
En concert, il ne fallait pas rater Eli "Paperboy" Reed and the True Loves à la Maroquinerie,
et puis nous feront un rapide retour sur la fête de la musique à Paris avec Moriarty, Deportivo et Beat Assailant.

Au théâtre :

"Toute seule... mais avec tout le monde" au Théâtre de l'Orme
"Ma femme s'appelle Maurice" au Théâtre des Nouveautés
"On purge bébé" à L'Etoile du Nord
"Un vrai nid d'amour" au Théâtre de l'Orme
"La part du loup" à La Villette
"Du bord à babord" au Théâtre de l'Orme
"Et Dieu oublia le prince charmant" au Théâtre Studio 77

Expositions avec "Annie Leibovitz - A photographer life, 1990-2005" à la Maison Européenne de la Photographie

Enfin du cinéma avec "Hancock"de Peter Berg

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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