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Drowsy
Snow on moss on stone  (Fat Cat Records / PIAS)  mai 2006

Le tout premier moment, la toute première seconde, qui déroule les deux, trois, quatre suivantes, la première minute, le premier morceau. Magie de la découverte d'un disque. L'instant d'avant, on ne savait pas même qui était l'artiste, on n'avait aucune idée de la musique qu'il pouvait jouer, des humeurs qu'il pouvait avoir eu envie de jeter sur un CD, de la façon dont il pouvait avoir pensé les illustrer. Puis vient ce tout premier moment, qui ouvre, jusqu'à la fin du premier morceau, une perspective nouvelle. Soudainement, on connaît un artiste de plus - que l'on oubliera peut-être tout aussi rapidement ; qui jouera peut-être dans notre vie un rôle important.

Ce jeu là, Drowsy semble le maîtriser totalement sur Snow on moss on stone, son deuxième album. Premier titre, "Bakery" ; tout premier moment, un silence, comme un inspiration d'un fragment de seconde ; première seconde, cordes de guitares étouffées, en guise de percussions ; qui déroulent deux secondes puis trois secondes puis une voix, étranglée, tonitruante, accent cockney ; une comptine un peu folle - comment ne pas songer à Syd Barret ? Dix puis quinze secondes, les pieds comme ensorcelés battent un rythme un peu décalé, comme un ritournelle pour enfants sous acide. Première minute, premier morceau. Il n'en faut pas plus pour entrer dans un album.

Drowsy, c'est un jeune finlandais de 23 ans, Mauri Haikenen, qui écrit et compose et joue et enregistre et arrange et mixe seul, dans la maison de ses parents, dans un petit village du sud du pays. Avec un certain goût pour une production lo-fi de très bon goût, il offre des compositions intimes, toujours très riches, voisines de celles de Nick Drake, Smog, Syd Barret - c'est-à-dire du meilleur de toute une tradition folk & pop & roll.

Heureusement, Drowsy ne se contente pas de jouer les doublures nostalgiques, guitare à la main et sourire poli aux lèvres lorsqu'il chante le désespoir. Tout au contraire, restant toujours très personnel et authentique, il sait également explorer des sonorités différentes, le temps, éventuellement, d'une pièce instrumentale sentant bon la vie et la fête aux abords du cercle polaire ("Good old odd gold").

Et s'il a su en quelques secondes nous entraîner avec son Bakery, Drowsy sait aussi bien refermer son album. Avec un art consommé de la séparation, il enchaîne ainsi la colère froide d'"Off you go all authors" (dont le chant rappellera aux amateurs avertis celui d'Efrim sur le Horses in the sky d'A Silver Mt Zion) et l'apesanteur hivernale de Plangent suite (qui rappellera, cette fois, les exercices de vide du premier album d'A Silver Mt Zion), pour laisser l'auditeur pris dans le doux vertige d'une sorte de suspension. Comme on avait battu des pieds, on restera assis, immobile, quelques secondes encore. Juste pour laisser l'album se terminer véritablement, quelques secondes après la musique.

En dix morceaux à peine, on aura ainsi fait un tour d'horizon complet de ce que la folk peut proposer, du plus fou et exubérant au plus minimal et intériorisé. Si c'est avec un certain caractère et beaucoup de talent que Drowsy nous prend par la main dans ce voyage, il n'en est pas moins vrai que l'unité de l'album elle-même peut rester difficile à saisir, une certaine impression de patchwork s'en dégageant. Mais peut-être cela n'a-t-il guère d'importance, car si patchwork il y a effectivement, c'est un patchwork de choses bien excellentes.

 

Cédric Chort         
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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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